Territoire de Mushie

Fiche du territoire

Mise à jour le 31 mars 2017

Province Maï-Ndombe
Superficie 10 505 km²
Taille estimée de la population 144 720 hab.

(source: Rapport de Dénombrement de Décembre 2015 de la ZSR de Mushie)


Carte administrative


Données géographiques et culturelles

Données géographiques

Le territoire de Mushie a été créé par le décret-loi du 28 juin 1934 avec Kwamouth, Bolobo et Yumbi comme poste d’Etat. Il a ensuite été découpé en quatre territoires distincts dont Mushie, Yumbi, Kwamouth et Bolobo par Ordonnance présidentielle n°90/46 du 12 février 1990. Le territoire est l’un des territoires de la province de Maï-Ndombe dans l’ancienne grande province de Bandundu, dans l’ancien district du Plateau.

Coordonnées géographiques

Le territoire de Mushie est situé entre les territoires d’Inongo et de Yumbi au nord, de Kwamouth au sud, de Kutu à l’Est et de Bolobo à l’Ouest ; avec une longitude et une latitude qui varient entre 90° et 35°, respectivement.

Climat

Le climat dans l’ensemble du territoire de Mushie reste tropical et est dominé par deux grandes saisons pendant toute l’année : (i) la saison pluvieuse qui s’étend du 15 Septembre au 15 Mai, bien qu’entrecoupée par une petite saison sèche entre le 15 février et le 15 Mars ; (ii) la saison sèche qui part de 15 Mai au 15 Septembre. La température varie entre 24 et 25°c en moyenne, avec une pluviométrie qui varie entre 1.600 et 1.700 mm en moyenne.

Hydrographie

Le territoire de Mushie est entouré des eaux. Partant de la cité de Mushe qui est son chef lieu, trois grandes rivières s’y rencontrent et dont brassage des trois eaux à trois couleurs différentes et qui coulent à des vitesses complètement différentes : les rivières Kwilu, Kasaï et Mfimi (communément appelée rivière Maï-ndombe). Cette dernière couvre la presque totalité du territoire dans sa partie Est, et s’avère la voie la plus utilisée pour tout déplacement des populations et leurs biens vers les territoires de Kutu (principalement à Nioki) et d’Inongo. Plusieurs autres cours d’eau existent et sont très fréquentées pour la pêche à cause de leur potentialité en poissons.

Végétation

Le territoire de Mushie est couvert en grande partie par la savane très favorable pour l’élevage et qui est d’ailleurs convoitée par des investisseurs dans ce secteur, et une autre partie couverte des forêts qui sont majoritairement encore vierges et riches en bois de valeur.

Sol

Le type de sol dans le territoire de Mushie varie selon que l’on se situe dans tel ou tel autre coin du territoire :

  • Sol Argilo-Sablonneux de Mopensole à Saboleme ;
  • Sol Sablo-Argileux de Mopensole à Mongama ;
  • Sol Sablo-Limoneux dans le groupement de ba Mpee.

Le sol du territoire de Mushie est très riche et très favorable pour l’agriculture et l’élevage, avec comme exemple la société Agropastorale SOGENAC avec plus de 27.000 bêtes.

Le sous sol renferme des minerais bien que non encore prospectés et exploités tels que :

  • Le Cuivre à Saa à 150 km de la cité de Mushie ; et
  • Le Diamant à Mabra et à Mongama respectivement à 35 et 90 km de la cité de Mushie.
Particularités et richesses du territoire

Le territoire de Mushie est une zone rurale dont l’économie est principalement caractérisée par des activités agricoles et commerciales ; les premières sont plus pratiquées par les peuples originaires (autochtones) parce qu’ils sont dans l’ensemble des propriétaires terriens, et les secondes par les non originaires pour la plupart. 

  • Particularité 1 : rencontre de trois rivières à trois couleurs différentes coulant à des vitesses complètement différentes ;
  • Particularité 2 : population jeune et rajeunissante, très dynamique.

Richesses du territoire

Le territoire a un sol très riche et très favorable pour des activités agricoles, mais aussi et surtout très riche en eaux des poissons. Les principales richesses du territoire peuvent être présentées, à titre illustratif comme suit :

  • Richesse 1 : présence de la plus grande société agropastorale en RDC, la SOGENAC qui compte à elle seule plus de 27.000 bêtes et qui dessert la ville-province de Kinshasa en viande fraiche (et tous les autres produits dérivés), avec comme impact le recrutement et la mise en service de plusieurs agents locaux ;
  • Richesse 2 : l’abondance et la diversité des poissons et produits agricole et de chasse avec comme conséquence la forte consommation de ces biens à des prix exceptionnellement favorables même pour les populations à revenu très modeste ;
  • Richesse 3 : présence des forêts presque vierges, avec comme conséquence l’exploitation intense des bois précieux, rares et de très bonne qualité à des prix favorables.
Données culturelles

Trois tribus sont originaires et partagent le territoire de Mushie, à savoir :

  1. La tribu Boma qui représente près de 40% de la population autochtone ;
  2. La tribu Nunu qui représente près de 30% de cette population ; et
  3. La tribu Mpee qui représente aussi près de 30% de la population autochtone.

Toutefois, en dehors de ces trois tribus qui sont originaires et autochtones du territoire, plusieurs autres tribus cohabitent avec celles-ci et ont aussi une influence considérable sur le comportement et le mode de vie des autochtones. Et comme nous l’avons dit ci-haut, les peuples autochtones sont beaucoup plus dans des travaux agricoles, laissant ainsi place aux non originaires pour les autres activités (bureaucratie, commerce, etc.…).

De par la proximité avec la ville-province de Kinshasa et la ville de Bandundu, plusieurs pratiques ancestrales sont restées moins valorisées, et c’est plus la course à la civilisation dite occidentale qui caractérise la population de plus en plus jeune et rajeunissante. La chikwangue, la farine de manioc le légume et poissons restent les principales habitudes alimentaires du territoire. Cependant, toutes les trois tribus sont condamnées à vivre régime matrimonial lié au patriarcat. 

Langues parlées dans ce territoire
  1. Lingala (30%)
  2. Kiboma (20%)
  3. Kinunu (20%)
  4. Kimpee (15%)
  5. Kikongo (15%)

Bien que trois tribus sont originaires du territoire, le LINGALA domine sur les autres langues pour plusieurs raisons, entre autres :

  • son caractère commercial ;
  • elle est parlée par la majorité des non originaires du territoire ;
  • elle est utilisée comme facteur de civilisation (sous réserve) ;
  • de par la proximité du territoire de Mushie à la province de l’Equateur.
Principales activités
  1. Agriculture ;
  2. Elevage ;
  3. Pêche ;
  4. Chasse ;
  5. Commerce général

L’agriculture et l’élevage sont les deux activités principalement préférées par les Bomas et les Nunus qui sont des principaux propriétaires terriens car ce sont des activités qui nécessitent plus d’espace, et pour une longue durée. Par contre, les Mpees qui sont eux aussi propriétaires terriens sont beaucoup plus dans la pêche et la chasse parce qu’ils vivent plus le long des grandes rivières et des forêts.

 Le commerce général est laissé principalement entre les mains des non originaires. Il sied cependant de signaler que les jeunes sont de plus en plus nombreux à se lancer dans des activités informelles, notamment dans le transport des motos (Wewa) et ne sont pas du tout soucieux de se lancer à la culture agricole qu’ils considèrent propre aux générations passées, c’est la paraisse et la fainéantise qui gagnent de la place aux cotés de quelques-uns qui sont dévoués aux études.


Situation économique

Revenu journalier moyen Donnée non disponible
Taux de change flottant appliqué au 31 mars 2017
Vendeur : 1$ = 1 300 FC Acheteur : Donnée non disponible
Nombre d’opérateurs économiques 326

Principaux opérateurs économiques
  1. Evins Bilanga (commerce général et hôtellerie)
  2. Mosantu Malikula (pharmacie, commerce et service)
  3. Roger Ekuya (hôtellerie et service)
  4. Kejos Kemuke (élevage, agriculture, transport et service)
  5. Bukaso (élevage, agriculture et commerce)
  6. Giscard Ngonkamu (commerce et buvette)

La majorité des opérateurs économiques qui évoluent dans le territoire sont plus concentrés dans la cité de Mushie, chef lieu du territoire. D’une façon globale, les opérateurs sont eux-mêmes agents à part entière, quand bien même certains d’entre eux atteignent jusqu’à plus de 15 personnes engagées. Cependant, il faut parcourir plusieurs kilomètres sur la route vers la cité de Nioki pour trouver les quelques Opérateurs isolés à Mbali (le deuxième grand centre d’affaires du territoire).

Principales activités des opérateurs économiques
  • Elevage ;
  • Agriculture ;
  • Commerce général ;
  • Sciage et commerce de bois ;
  • Service.

En dehors des éleveurs des petits bétails disséminés à travers les cités et villages du territoire, les opérateurs économiques signifiés ici sont plus dans l’élevage des grands bétails et disposent généralement des grandes étendues (fermes) accompagné souvent de l’agriculture. Aussi, le Service concerne principalement le transport (fluvial en générale), l’hôtellerie, buvette, centre de santé et la restauration.

Principales activités des PME/PMI
  1. Le service ;
  2. La transformation ;
  3. Le commerce général ;
  4. L’agriculture et l’élevage.

Quand bien même le territoire n’est pas desservi en énergie électrique, certaines PMI font recours aux groupes électrogènes pour fonctionner, en l’occurrence la savonnerie de Mushie et  les différents moulins. Ce qui rend les produits issus de ces PMI plus chers que là où le courant électrique est disponible.

Grandes entreprises locales

Le territoire ne compte qu’une seule grande entreprise, la Société des Grands Elevages des Ndamas en Afrique Centrale, SOGENAC. C’est l’une des plus grandes entreprises d’élevage en RDC, sinon la plus grande de par les effectifs de son personnel et de ses bêtes, mais aussi de sa superficie.

Principaux produits agricoles
  1. Manioc
  2. Maïs
  3. Arachide
  4. Riz
  5. Bananes

Comme il a été dit précédemment, le sol de Mushie est très favorable pour ces cinq principales spéculations ce qui fait que leur niveau de production reste exceptionnel. Le manioc est principalement cultivé pour sa farine et la chikwange destinées à la consommation et à la commercialisation. En fonction des habitudes alimentaires de la population de Mushie, ces cinq spéculations sont produites pour faire face à la demande interne qui est de plus en plus forte et permanente.

Principaux produits non agricoles
  1. Grume de bois ;
  2. Poissons du fleuve ;
  3. Produits de cueillette.

Bien que produits et consommés localement, la grande partie de la production du bois est destinée à la commercialisation. Est comme le pouvoir d’achat se trouve généralement ailleurs (Kinshasa principalement), celle-ci constitue le marché le plus important pour ce produit.

Principales sources d’énergie
  1. Bois de chauffage ;
  2. Energie solaire ;
  3. Groupe électrogène.

Contraint à la consommation de chaque jour, le bois reste la source d’énergie la plus utilisée sous-forme des braises et bois de chauffe, conduisant systématiquement à la dégradation de l’environnement. Pour des besoins de lumière et de fonctionnement des appareils électroniques, les groupes électrogènes servent de source sûre dans l’ensemble du territoire. L’Energie solaire est plus utilisée par les bureautiques, pour l’impression des documents. Les ménages recourent à la cuisson au feu de bois, et consomment de l’eau de la Régideso mais aussi les eaux de rivière.


Situation sanitaire

Nombre d’hôpitaux 1
Nombre de centre de santé 21

L’ensemble des centres de santé que compte le territoire date de longtemps et ne connaissent presque pas de soutien ni du gouvernement provincial et encore moins celui du gouvernement central. Seul l’hôpital général de référence de Mushie qui a connu la réhabilitation grâce au projet PARSS bien qu’il reste sous équipé. Les autres centres de santé subsistent encore par des moyens de bord et souffrent en équipement.

Un cris d’alarme des personnels de santé reste sans réaction de la part du pouvoir central. Les agents sont non payés, sans matricule et donc les efforts des uns et des autres semblent être inhibés. L’ancien médecin chef de zone aurait tenté le lobing pour son personnel, mais cela lui aurait couté son poste pour être transférer ailleurs.

Maladies les plus récurrentes
  1. PALUDISME
  2. GASTRO ENTERITE
  3. IRA
  4. IST
  5. ANEMIE

Faute des moyens financiers, l’accès aux soins de santé pose problème. La population reste jusqu’ici très attachée à des pratiques traditionnelles, et font recourt à la médecine moderne lorsque parfois les cas de maladie s’aggravent. Les mauvaises conditions de vie de populations, l’utilisation abusive des moustiquaires et les hygiéniques sont généralement à la base de certaines maladies dans les milieux ruraux.


Education

Enseignement primaire et secondaire
Ecoles primaires 157
Ecoles secondaires 111

Dans l’ensemble du territoire, le niveau de l’enseignement reste relativement bon bien que les équipements et les matériels didactiques pour les options surtout techniques restent en souffrance. Cependant, il est à signifier que dans la plupart des cas, le meilleur encadrement des futures élites de ce beau et cher pays est détenu par l’église catholique, bien que plus cris d’alarme sans succès en matériels didactiques et équipements scolaires de base.

Enseignement supérieur et universitaire
Universités 0
Instituts supérieurs 01

Un seul institut supérieur existe dans le territoire : ISP-Mushie et un autre qui devrait depuis le temps voir le jour mais dont les interminables discussions sur  les installations devant l’abriter sont en cours. Sur ce, presque le ¾ des étudiants dans le territoire sont principalement de la cité de Mushie, faute de moyens financiers.

 


ONG et projets

Nombre d’ONG 1
Principales activités
  1. Encadrement des paysans dans l’agriculture et l’élevage (ACCRD et APF);
  2. Construction des ponts et encadrement des paysans dans la semence améliorée (ISCO);
  3. Encadrement dans la santé (INOPS)
  4. Dans la pisciculture et pépinière pour reboisement (WWF) “la seule en activité”.

De tous ces projets, le constat est que les compétences locales et l’expertise des agents au niveau local ne sont pas associées dans l’exécution des projets, avec comme conséquences le non atteinte des objectifs. Et pour contourner les échecs qui, du reste sont visibles, on procède par la torture des données pour tromper les bailleurs qui, à leur tour ne font aucun suivi afin de se rendre compte le l’investissement sur terrain.

Principaux projets de développement financés par le Gouvernement
  1. PARSS ;
  2. Village Assaini.

Les deux projets se sont focalisés dans le secteur de la santé, l’un pour la réhabilitation des infrastructures de santé bien que les équipements n’ont pas suivis, et l’autre dans l’assainissement et la certification de certaines installations sanitaires. 

 

Principaux projets de développement sous financement autre que le Gouvernement

Il y a eu le projet « Solidarité » qui a existé mais pour lequel aucune documentation et encore moins les traces n’ont été mis à notre disposition pour analyse. Mais, certaines autorités du territoire nous laissent entendre du retour de cette ONG, mais les sources d’informations restent douteuses.

 


Accessibilité et tourisme

Accessibilité du territoire
Routes Oui
Voies aériennes Oui
Biefs navigables Oui
Train Non

Les quelques routes qui existent dans l’ensemble du territoire sont en état de délabrement très avancé occasionnant même des sérieuses difficultés d’évacuation de la production agricole. Deux pistes aéroportuaires existent mais unes seule est opérationnelle bien que privée, celle de Nzokele (pour la SOGENAC). Celle de l’Etat se trouvant dans la cité de Mushie est abandoné à son triste sort et est transformée à un terrain de football amateur d’un coté, et de lautre coté elle avoine la forêt équatoriale. La voie navigable reste la plus utilisée pour toutes les transactions importantes et aussi à moindre coût bien que très risquant.

Réseaux de communication
Africel Non
Airtel Oui
Orange Oui
Tigo Oui
Vodacom Oui

Vodacom, Airtel et Orange sont les quatre opérateurs de télécommunication installés dans le territoire et offrent à la population locale la possibilité de communiquer avec le reste du monde. Cependant, le service rendu par ces quatre opérateurs reste relativement moins efficace et pas du tout satisfaisant, à la limite de mauvaise qualité : (i) sérieuse difficulté voire pas moyen de communiquer toute la journée ; (ii) très mauvaise voire pas moyen de se connecter à l’internet ; (iii) pas de shop, ni service connexe et même pas de carte de recharge, il faut passer par le flash pour avoir des unités d’appel.

Attraits touristiques
Parcs Non
Jardins botaniques Non
Jardin zoologiques Non
Chutes d’eaux Oui
Sites touristiques Non
Sites sacrés Oui

Le territoire n’est pas doué en attraits touristiques. Seules les chutes d’eaux que l’on trouve dans certaines rivières peuvent l’être.

Espèces phares de la faune
  1. BUFFLE
  2. HYPOPOTAM
  3. SANGLIER
  4. ANTILLOPE
  5. SINGE (TOUTES ESPECES)

Avec la presence des forêts aussi importantes, la faune reste très diversifiée dans le territoire, plusieurs espèces rares et protégées par la loi sont présentes dans ces forêts.

 

Espèces phares de la flore
  1. BOIS TOUTE ESPECE (SPECIALISE)
  2. PLANTES MEDECINALES

La prestigieuse végétation de Mushie fait de ce territoire un des pionniers agricole, son bois précieux


Situation sécuritaire

La situation sécuritaire reste très calme, il y a la présence de la police nationale dans tous les coins du territoire et des FARDC, aussi bien même que la population cohabite souvent difficilement avec les forces de l’ordre.

 


Opportunités de développement

 Le territoire présente plusieurs opportunités de développement, notamment :

  • La mise sur pied d’un investissement pour la desserte en énergie électrique afin de promouvoir les activités des opérateurs économiques (chambres froides, bureautiques, alimentations, etc. « le territoire n’en a aucune »), mais aussi desservir les multiples unités économiques (PME et PMI) et les multiples ménages en souffrance ;
  • La formation et le renforcement des capacités de la population paysanne dans l’organisation et la commercialisation agricoles, l’approvisionnement et les marchés (Coopératives agricoles) ;
  • La réhabilitation des infrastructures routières reliant les différents bassins de production vers les queux d’évacuation et/ou centres de commercialisation et de consommation afin d’une bonne relance agricole au niveau du territoire,
  • L’organisation et la mise en valeur des sites touristiques (dont la rencontre de trois eaux à trois couleurs).

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