Territoire de Bukama

Fiche du territoire

Mise à jour le 31 mars 2017

Province Haut-Lomami
Superficie 19 865 km²
Taille estimée de la population 1 072 662 hab.

(source: Rapport annuel 2016 de l’Administrateur du territoire)


Carte administrative


Données géographiques et culturelles

Données géographiques

Le territoire de Bukama a été créé par l’Ordonnance générale N° 213 du 16/10/1913. Le territoire de Bukama est une entité déconcentrée de la nouvelle province du Haut-Lomami, Il se situe au Sud-Est de la nouvelle province du Haut-Lomami, qui se trouve au coeur de l’ex-province du Katanga en RD.Congo.

Il est limité :

  • au Nord par les territoires de Kabongo et Malemba Nkulu,
  • au Sud par le territoire de Lubudi,
  • à l’Est par le territoire de Mitwaba
  • à l’Ouest par le territoire de Kamina.

Coordonnées géographiques 

  • Longitude : entre 25° 31′ et 27° 50′ de longitude Est
  • Latitude : entre 7° 57′ et 9° 40′ de latitude Sud

Le territoire de Bukama est situé à 621 m d’altitude

 Climat

Le territoire de Bukama connait un climat tropical chaud et humide, avec alternance de deux saisons :

  • La saison de pluie qui va de mi-septembre à mi-avril ; 
  • La saison sèche qui va de mi-avril à mi-septembre ;
  • La température varie entre 23° et 25°. (Des fois la température varie de 31-39°, voir même 40°)
  • La quantité moyenne de pluies est de 1 280 mm.

Hydrographie

Le territoire de Bukama compte 77 lacs et étangs, et est traversé du Sud au Nord par le fleuve Congo (Lualaba). Plusieurs lacs sont dans les chefferies de Butumba, Kinkondja, Kapamayi et secteur Lualaba, ainsi que d’autres affluents du fleuve qui forment les eaux du territoire de Bukama. Les lacs longent le fleuve, qui les alimente pendant l’étiage.

Ses principaux lacs sont:

  • Lac Upemba (Chefferies de Butumba et Kikondja)
  • Lac Kisale (Chefferie de Kinkondja)
  • Lac Lukanga (Chefferie de Kinkondja)
  • Lac Lunda (Chefferie de Kinkondja)
  • Lac Mulenda (Chefferie de Kinkondja)
  • Lac Kayumba (Kinkondja)
  • Lac kabwe (secteur Lualaba)
  • Lac Kabele et d’autres petits lacs (Kapamay et Lualaba)

Les principaux cours d’eau sont:

  • Le fleuve Congo (Lualaba)
  • La rivière Lufira
  • La rivière Lovoy

Végétation

Une végétation du type guinéen (savane boisée parsemées de forets) où se trouvent les arbres de 15 à 20 mètres. La vallée du fleuve Congo est caractérisée par une savane herbeuse.

Sol

Le territoire de Bukama a un sol de nature:

  • argilo-sablonneux sur les plateaux de l’Ouest,
  • alluvionnaire dans la cuvette, où coule le fleuve Congo et autour de ses nombreux lacs.
Particularités et richesses du territoire

Le territoire de Bukama est connu grâce à la pêche, cette dernière est tributaire de sa diversité hydrographique (fleuve, 10 lacs, des étangs, rivières,…). Les poissons de Bukama inondent généralement les marchés de Kolwezi, Lubumbashi, Kamina, Mbuji-Mayi et Kongolo. Le territoire de Bukama est un grand carrefour commercial et agropastoral (produits vivriers, gros et petits bétails).

Les activités économiques du territoire de Bukama sont facilitées par la coïncidence de 4 voies de transport, notamment le chemin de fer exploité par les trains de la SNCC, le bief navigables du fleuve Congo (646 km de Bukama à Kongolo), les routes provinciales et nationale (RN 1), les pistes d’atterrissage d’avion, qui désenclavent le territoire de Bukama, tout en lui permettant de jouer son rôle de plaque tournante provoquant l’impulsion de l’économie et la sécurité alimentaire de territoires et zones environnantes. La densité de la population est assez élevée dans les centres commerciaux.

Richesses du territoire

En plus du poisson, le territoire de Bukama regorge plusieurs minerais (charbon, étain, tantale, plomb, etc.). Son hydrographie riche avec 77 lacs, le fleuve et plusieurs cours d’eau, fait du territoire de Bukama une base importante en termes de ressources halieutiques.

Données culturelles

Le territoire de Bukama est principalement habité par :

  • Les Baluba (97%), dont la langue commune est le « Kiluba ».
  • Les Tshokwe (3%) c’est un petit groupe dont les membres ont des origines différentes, ils sont non autochtones, ils sont venus travailler avec la Gecamines et se sont installés à Mukulakulu, dans la chefferie de Kibanda.

Les Baluba travaillent beaucoup dans la pêche et l’agriculture tandis que les Tshokwe se retrouvent essentiellement dans l’agriculture et un peu de chasse. Le patriarcat est le régime généralement appliqué chez les Baluba. Quelques noms propres sont utilisés par les Baluba et aussi par les originaires de l’ex-province du Kasaï. La dot se fait en deux tranches. La tranche 1 « Manfukufuku » qui coûte cher que la dot proprement dite, est non remboursable s’il y a rupture du fiançaille. Elle varie d’une famille à une autre et peut exiger au fiancé  soit des tôles, un fusil, un velo, des habits, de l’argent, chèvres,…La tranche 2 est juste symbolique en vue d’obtenir l’accord de parents pour célébrer le mariage. La polygamie est effective mais la majorité de familles appliquent la monogamie. Plusieurs messages d’ordre coutumier et de sagesse se transmettent entre les générations, par la musique traditionnelle grâce à quelques jeunes musiciens locaux et aux radios communautaires.

L’on note une très faible portion, moins de 5% de la population qui pratique le commerce. Dans les communes et autres centres ruraux du territoire, environs 16% de ménages paysans  pratiquent le petit commerce (poisson, braise, légumes, …) à côté de leurs activités principales.

Les différentes chefferies, secteur et communes

  1. Chefferie de Kinkondja
  2. Chefferie de Butumba
  3. Chefferie de Kabondo Dianda
  4. Chefferie de Kapamayi
  5. Chefferie de Umpungu
  6. Chefferie de Kibanda
  7. Secteur de Lualaba
  8. Commune de Bukama
  9. Commune de Luena
Langues parlées dans ce territoire
  1. Kiluba (85%)
  2. Swahili (35%)

Dans le territoire de Bukama, le kiluba (différent du Tshiluba parlé au Kasaï : une de langues nationales de la RDC) est la langue parlée par la majorité de la population et dans tous les milieux. Le swahili est surtout parlé lorsque les autochtones s’adressent aux personnes non originaires du Territoire (n’ayant pas de notion du kiluba). Le kiluba partage plusieurs termes issus du lingala, swahili et autres langues bantoues.

Principales activités
  1. Agriculture 62%, (le manioc, le maïs, arachide, le riz, le soja, haricot, patate douce, bananier, oignon et autres cultures maraichères) ;
  2. Pêche 12%,(de type artisanal et traditionnel visant plus les poissons) ;
  3. Commerce général et petit commerce 16%,(produits manufacturés locaux et importés, produits alimentaires et non alimentaire) ;
  4. Élevage 6%, (petits et gros bétails) ;
  5. Artisanat 4%, (fabrication des outils aratoires, nattes, ustensiles de cuisine, nasses de pêche, etc.).

En plus de l’agriculture vivrière (manioc, maïs et riz) qui est pratiquée par environ 60% de ménages, le territoire de Bukama est connu grâce à la pêche. La pêche artisanale y est favorisée par la diversité hydrographique (le fleuve, des lacs, des rivières, etc.). Suite aux mauvaises pratiques de pêche (usage de filets à maille prohibée et moustiquaires), renforcée par la non application de lois régissant leur activité, la production de poisson a sensiblement baissé. Toutefois, les poissons de Bukama inondent généralement les marchés de Kolwezi, Lubumbashi, kamina, Mbuji-Mayi et Kongolo.

Les communes de Bukama, Luena et le centre de Kabondo Dianda sont électrifiés ; les secteurs secondaire et tertiaire n’y sont malheureusement pas développés. Quelques moulins seulement utilisent l’électricité (d’autres utilisent des générateurs à gasoil). Les ateliers de couture, de menuiserie et ceux d’ajustage y sont rares car le courant fourni est monophasé. Aucune chambre froide n’existe en territoire de Bukama, en dépit du courant électrique existant, la conservation de produits alimentaires y est donc impossible. La commune de Bukama qui est un carrefour économique de la zone devrait développer des activités de transformation de produits agroalimentaires, en vue d’apporter une valeur ajoutée, de favoriser le développement de marchés locaux et accroître ainsi le revenu de producteurs agricoles.


Situation économique

Revenu journalier moyen Donnée non disponible
Taux de change flottant appliqué au 31 mars 2017
Vendeur : 1$ = 1 300 FC Acheteur : 1$ = 1 280 FC
Nombre d’opérateurs économiques 589

Principaux opérateurs économiques
  1. Ets Père WASO : opérant dans la vente des unités vodacom / airtel et  le transport fluvial;
  2. Ets MPANGA SERVICE : opérant dans la vente de produits divers et produits alimentaires;
  3. Ets LA LUMIERE : opérant dans l’habillement et vente des appareils électroménagers;
  4. Ets COGELU : opérant dans le transport et élevage de gros bétails ;
  5. MMR (Luena) : opérant dans l’achat de la cassitérite ; vente de matériels et matériaux de construction ;
  6. Ets BYAKUSHALA : opérant dans la vente de produits divers et d’alimentation ;
  1. Ets WAKUMWINTA IVECO : opérant dans le commerce général, transport fluvial (baleinières) et terrestre (camions) ;
  2. Ets Dieu soit loué : opérant dans la vente de produits divers, transport fluvial (baleinières) et terrestre (camions) ;
  3. Ets NGONGO : opérant dans le commerce général et transport terrestre (camions) ;
  4. Ets BENOIT : opérant dans le commerce général et transport terrestre (camions) ;
  5. Ets DETO POSTOLO : opérant avec 2 décortiqueuses à riz à Butumba (Katala) ;

Il existe 89 grands opérateurs économiques et 500 commerçants « patentés » dans le territoire de Bukama. Leurs entreprises opèrent en majorité à Bukama, Luena, Kabondo Dianda et Butumba. Ces entreprises ont comme principales activités le commerce des produits manufacturés (habits, pagnes, matériaux en plastiques, marmites, appareils électroménagers, etc.) en provenance du Moyen Orient (Dubaï) et de la Chine via les pays limitrophes (Zambie et Tanzanie) et certains opèrent dans le transport fluvial et terrestre. Elles emploient en moyenne entre 6 et 60 travailleurs.

Principales activités des opérateurs économiques
  1. Agriculture
  2. Pêche
  3. Commerce

Ces opérateurs économiques étaient tous regroupés dans la FEC mais depuis quelques semaines la confédération de petites et moyennes entreprises du Congo (COPEMECO) a ouvert ses portes. Il y a donc une concurrence qui s’annonce entre ces deux structures pour essayer d’obtenir un grand nombre de membres.

Principales activités des PME/PMI
  1. Commerce
  2. Agriculture
  3. Pêche
  4. Transport fluvial et terrestre.

La majorité de PME/PMI emploient une main d’œuvre constituée en grande partie de membres de la famille et des journaliers, ce qui complique le suivi de leurs conditions de travail et la formalisation de contrats

Grandes entreprises locales
  1. Ets Père WASO : opérant dans la vente des unités vodacom / airtel et le transport fluvial;
  2. Ets MPANGA SERVICE : opérant dans la vente de produits divers et produits alimentaires;
  3. Ets LA LUMIERE : opérant dans l’habillement et vente des appareils électroménagers;
  4. Ets COGELU : opérant dans le transport et élevage de gros bétails ;
  5. MMR (Luena) : opérant dans l’achat de la cassitérite ; vente de matériels et matériaux de construction ;
  6. Ets BYAKUSHALA : opérant dans la vente de produits divers et d’alimentation ;
  7. Ets WAKUMWINTA IVECO : opérant dans le commerce général, transport fluvial (baleinières) et terrestre (camions) ;
  8. Ets Dieu soit loué : opérant dans la vente de produits divers, transport fluvial (baleinières) et terrestre (camions) ;
  9. Ets NGONGO : opérant dans le commerce général et transport terrestre (camions) ;

Les grandes entreprises appartiennent aux grands opérateurs économiques ci-haut cités. Ces entreprises développent plusieurs types d’activités chacune, selon que le secteur paraît fructueux (commerce, transport, agriculture et élevage).

Principaux produits agricoles
  1. Manioc (35%)
  2. Maïs (30%)
  3. Riz (15%)
  4. Haricot (8%)
  5. Arachide (5%)
  6. Patate douce (7%)

Le manioc est produit dans toutes les entités du territoire de Bukama (les enquêtes ménages prouvent que plus de 70% de familles, cultivent le manioc et le maïs). La production annuelle 2016 du territoire est de 171168 tonnes de manioc, 23287 tonnes de riz et 71075 tonnes de maïs. Le manioc est consommé soit comme fufu (pâte) de farine, soit en tubercules bouillies. Une grande partie est revendue dans les territoires voisins et aussi à Kolwezi, Lubumbashi et Mbuji-Mayi.

Le maïs est également produit en très grande quantité dans toutes les chefferies et secteur du territoire de Bukama. Il est consommé sous forme de fufu (pâte), d’aliments bouilli ou grillé au feu et aussi transformé en alcool local appelé «Lotoko ou Kabondo». Une partie de la production est également vendue aux territoires voisins, à Kolwezi, Mbuji-Mayi et Lubumbashi.

Le riz est produit en grande quantité et il est utilisé pour la consommation locale, dans l’alimentation des personnes. Le surplus produit est revendu aux territoires voisins. Le riz est généralement produit par irrigation à partir de l’eau du fleuve et d’autres cours d’eau.

La récolte se fait une fois l’an pour tous les produits vivriers, ce qui en explique une hausse sensible de prix pendant la période de soudure.

La production agricole a un peu chuté en territoire de Bukama suite aux perturbations climatiques. Ceci explique pourquoi la FAO et la Division provinciale de l’Agriculture, ont décidé d’installer des stations météorologiques afin de suivre les tendances pluviométriques et définir des actions de résilience à proposer aux agriculteurs de la zone. Les cultures pérennes ne sont pas très développées car, la population a beaucoup de besoins urgents (soins médicaux, scolarisation des enfants, etc.) alors que les cultures pérennes n’offrent du revenu qu’après une durée relativement longue.

 

Principaux produits non agricoles
  1. Miel
  2. Champignon
  3. Pomme de mer

Les produits non agricoles les plus consommés dans le territoire de Bukama sont des produits forestiers non ligneux (miel, champignons,…). Ils sont prélevés dans les forêts situées non loin des habitations et sont consommés durant la saison de pluie. Ils sont destinés à la consommation locale et sont trouvés dans tous les secteurs du territoire de Bukama.

Principales sources d’énergie
  1. Bois (79,6 %)
  2. Pétrole (13,09%)
  3. Electricité (7,23%)
  4. Photo voltaïque/Solaire (0,01%)

Le courant électrique est produit par la SNEL du côté de Kolwezi. Il est destiné à faciliter les navettes de trains SNCC (locomotives électriques). La gestion du courant électrique est confiée à la SNEL (Unité d’exploitation de Bukama) en vue de sa commercialisation dans la commune de Bukama. A Luena, la Gecamines gère le courant électrique. Il n’y a que quelques agglomérations commerciales (Commune de Bukama, Commune de Luena, Kabondo Dianda, Mukulakulu, Kilenge, Malondo, etc.) qui en bénéficient. Pour le reste du territoire, ce sont des lampes-tempêtes, du bois de chauffe et quelques minimes panneaux solaires qui sont utilisées à la tombée de la nuit dans tous les ménages. Pendant la journée, quelques structures et entreprises (les institutions de santé, secrétariat public, salon de coiffure, discothèques, etc.) utilisent des groupes électrogènes fonctionnant avec de l’essence. Certains magasins d’appareils électroménagers utilisent de panneaux solaires. Les panneaux solaires surtout sont utilisés par les hôpitaux généraux de référence et les bureaux de zone de santé pour garantir la conservation des vaccins.

Le courant électrique est quelque peu mal géré, tous les utilisateurs utilisent les ampoules à incandescence de plus de 60 watt (jaune) au lieu des ampoules économiques (blanches). Les ampoules sont allumées jours et nuits et il s’observe un désordre dans la manipulation des installations domestiques (ex : une cabine de vente d’unité qui place plus de 3 ampoules). Il n’existe pas une ligne réservée aux activités du secteur secondaire. Plusieurs ateliers recourent au générateur, ce qui explique un coût de vie élevé en territoire de Bukama, et des disparités économiques assez graves entre les classes et catégories sociales, car le chômage en est une de conséquences.

La REGIDESO n’existe que de nom en territoire de Bukama. Il y a environ 484 robinets installés dans la commune de Bukama, mais produisent rarement de l’eau. Cela est dû à la vétusté du réseau (tuyaux) et des équipements (moteur, pompe, etc.) En commune de Luena, la GECAMINES qui gère l’unité de production et distribution d’eau potable, éprouve les mêmes problèmes et donc, il y a seulement une faible portion de la population qui accède à l’eau potable. La situation est plus pire dans d’autres coins du territoire (Kapamayi, Umpungu et Butumba !!!). Ceci explique le taux élevé de morbidité liée aux maladies de mains sales. Quelques projets d’adduction gravitaire d’eau potable et captage de sources ont été réalisés, « cas de l’AEP Lushindoy avec ses 9 bornes fontaines en commune de Bukama» installé en 2012 par l’ONG Solidarités, mais l’accès à cette unique eau potable est conditionné par 50 Fc par bidon de 20 litres. Ceci paraît très cher pour la population rurale, surtout qu’il fait extrêmement chaud à Bukama où le besoin journalier en eau est très élevé.

Quelques ménages (environs 16% de la population de la commune de Bukama) continuent à utiliser l’eau de puits et même l’eau du fleuve.(source : enquêtes ménage). Dans les autres chefferies l’accès à l’eau potable est hypothétique. Toutefois, l’eau est puisée soit au robinet, soit dans des rivières et puits non aménagés.  De quelques puits  forés à Kabondo Dianda, Kinkondja, Butumba, il ya 32% qui  sont en panne.


Situation sanitaire

Nombre d’hôpitaux 5
Nombre de centre de santé 77

Le territoire de Bukama possède un hôpital général de référence dans chacune de 4 zones de santé (Bukama, Kinkondja, Butumba et Kabondo-Dianda).L’hôpital de Bukama et celui de Butumba appartiennent à l’Etat, les 3 autres hôpitaux du territoire sont respectivement gérés par l’église Catholique et la Gecamines qui en sont propriétaires. Les hôpitaux généraux de référence organisent au moins des services tels que : la consultation, le laboratoire (pas bien équipés), des pharmacies (avec insuffisance de médicaments et stock), la pédiatrie, la gynécologie, imagerie, la maternité, la chirurgie,…malheureusement sans médecin spécialiste.

Le territoire compte au total 24 médecins et quelques 241 infirmiers. La capacité d’accueil de malades est de 625 lits pour l’ensemble de structures sanitaires du territoire ; il se pose encore un besoin réel en : centres nutritionnels, des équipements modernes d’imagerie (écographie, radiologie,…) dans les zones de santé.

Le territoire de Bukama possède aussi 77 centres de santé dont 19 dans la ZS.Bukama, 24 dans la ZS.Kinkondja, 17 dans la ZS. Butumba et 18 dans la ZS. Kabondo-Dianda.

Pour des cas graves, les malades sont acheminés à Kamina et Lubumbashi. Toutes les structures sanitaires du territoire de Bukama nécessitent une réhabilitation partielle (quelques pièces) et la construction de latrines.

Une faible quantité des médicaments est disponible dans les centres de santé et pharmacies dans toutes les chefferies du territoire de Bukama, étant donné que le projet ALIMA (axé sur la lutte contre le paludisme et la rougeole) a déjà pris fin. D’ailleurs, la plupart de médicaments spécialisés ne sont pas disponibles et il faut les commander des mois à l’avance à Lubumbashi ou Kinshasa.

Maladies les plus récurrentes
  1. Paludisme
  2. Infections respiratoires aigües
  3. MPE (Malnutrition Protéino Energétique
  4. Rougeole
  5. Maladies d’origine hydrique

Dans le territoire de Bukama, le paludisme est fréquent suite aux résistances CAP (Comportement, Attitudes et Pratiques) de la population, qui est en majorité analphabète. Plusieurs campagnes de distribution gratuite, de moustiquaires imprégnées d’insecticide, ont été organisées ces 3 dernières années, mais bon nombre de ménages les ont revendues. D’autres les ont placées autour de jardins potagers, et d’autres encore les utilisent comme filet de pêche.

L’absence de centre nutritionnel permanent dans les zones de santé explique le taux élevé de malnutrition, car les sessions d’éducation nutritionnelle sont rares et seulement liées à quelques projets ponctuels.

Les inondations enregistrées lors de  saisons pluvieuses contribuent beaucoup à la propagation des épidemies, car elles facilitent le contact entre le fleuve et les latrines de zones inondées. Toutefois, l’insalubrité qui caractérise les agglomérations du territoire, justifie le taux élevé de maladies d’origines hydriques et les épidémies. Rares sont les villages assainis et la dynamique associative (Initiative locale de développement) n’est pas développée. Il y a donc absence d’une conscience collective face aux problèmes de la communauté.


Education

Enseignement primaire et secondaire
Ecoles primaires 452
Ecoles secondaires 175

Le territoire de Bukama possède 627 écoles dont 248 écoles pour le Pool Bukama I. Parmi elles, 117 écoles primaires et 71 écoles secondaires. Le Pool Bukama II possède 379 écoles, dont 275 écoles primaires et 104 écoles secondaires. Certaines écoles fonctionnent sans latrines et d’autres ont encore des classes en paille. Le projet PRISSS poursuit la construction et réhabilitation des écoles en territoire de Bukama.

La moyenne d’élèves dans les écoles est de 278 au primaire et 201 au secondaire.

Le pool Bukama I compte 1263 enseignants au primaire et 668 enseignants au secondaire ; tandis que le pool Bukama II compte 1769 enseignants au primaire et 778 enseignants au secondaire.

La qualité de l’enseignement est « en baisse », suite au « manque d’enseignants qualifiés » et au salaire qui ne permet pas aux enseignants de nouer les deux bouts du mois. Plusieurs enseignants restent non mécanisés jusqu’à ce jour et donc, ils ne sont pas payés par l’Etat.

Enseignement supérieur et universitaire
Universités 2
Instituts supérieurs 0

L’Université de Bukama (UNIB) n’a pas encore finalisé le processus de légalisation, elle fonctionne en partenariat avec l’IUC (Institut Universitaire du Congo). L’UNIB fonctionne en commune de Bukama. L’UNIB organise les sciences de l’éducation et sciences de la santé, sciences politiques et administratives. Une moyenne de 25 étudiants, s’inscrit chaque année. Elle n’a pas de bâtiments et auditoires propres, elle loue des salles de classe. La majorité des étudiants sont des enseignants de l’école primaire. D’autres jeunes qui viennent de familles riches, se dirigent à Kamina ou Lubumbashi pour les études universitaires ou supérieures. A Kabondo Dianda, il y a une extension de l’Université Officielle de Lubumbashi qui a ouvert ses portes au cours de cette année académique 2016 -2017, en remplacement  de l’ UPN(Université Pédagogique Nationale); extension de Kabondo Dianda. Tous ces établissements se recherchent et rien n’est organisé de façon sérieuse.


ONG et projets

Nombre d’ONG 4
Principales activités
  • Santé
  • Protection de l’environnement 
  • Défense de Droits Humains 

Dans le territoire de Bukama, la FAO travaille sur l’analyse de facteurs climatiques et en novembre 2015, la FAO a installé une station météorologique automatique, qui transmet les données à l’UNILU via un serveur basé en Hollande. La CTB (Coopération Technique Belge) a développé un projet basé sur la formation de pêcheurs €autour des techniques de pêches. Des ONG internationales ont réalisé des projets dans le secteur de la santé (MSF Hollande, ALIMA, UMCOR «United Methodist Committee on Relief», IMA «International Medical Action»; Solidarités (WASH et sécurité alimentaire),…Ces projets ont été clôturés depuis 2013. L’ICCN est opérationnel dans la partie Est du territoire, occupée par le parc national d’UPEMBA.

Quelques ONG locales travaillent plus dans la défense des droits humains (LINAPDHO: ligue nationale paysanne de droits de l’homme) et sont axés sur la promotion de droits humains et la protection de civils contre les violences de personnes armées et/ou des autorités policières et judiciaires. L’ONG locale « Eagle House Business » travaille à Bukama et dans d’autres chefferies dans la santé, précisement l’eau, hygiène et assainissement.

Suite à la pauvreté, plusieurs cas de maladies n’arrivent pas à l’hôpital.

Principaux projets de développement financés par le Gouvernement
  1. Projet de réhabilitation de la Route National (RN 1°) sur le tronçon (Kamina – Nguba) en cours
  2. Distribution de tôles aux écoles et hôpitaux de Bukama par le Gouvernement provinciale. (en 2013 et 2016)
  3. Construction de 4 écoles en Territoire de Bukama (Projet PRISSS)
  4. Dragage du fleuve Congo (bief Bukama à Kongolo) en cours mais la machine s’avère moins puissante.
  5. Projet PADIR qui construit le marché central de Bukama, des entrepots, le quai d’accostage, et réalise le forage de 5 puits modernisés.
  6. Réhabilitation du tronçon RN 1 vers la Commune de Bukama 

Le territoire est à vocation agricole, et comme il fait chaud, c’est important que l’agriculture soit appuyée par la mécanisation agricole (tracteur et autres machines post récolte). Pour certains villages présentant un relief favorable, il est souhaitable que le service national de traction animale (SENATRA) lance et vulgarise la traction animale pour permettre aux familles à faible revenu d’accéder aux technologies alternatives de production agricole et ainsi, améliorer la production agricole, la sécurité et la souveraineté alimentaire. La traction animale est une expérience réussie dans les zones chaudes de l’Ouganda possédant des terrains plats.

Principaux projets de développement sous financement autre que le Gouvernement
  1. Construction du bureau de la sous division EPS à Bukama (financement de l’ANAPECO).
  2. Installation de la station météorologique à Bukama par la FAO.
  3. Captage de sources et forage de puits par l’ONGD Eagle House Business

Les projets susceptibles de développer le secteur secondaires seraient les bienvenus pour de réduire le chômage et favoriser la création des emplois. La création de centre de formation professionnelle fait partie de priorités absolues du territoire de Bukama.


Accessibilité et tourisme

Accessibilité du territoire
Routes Oui
Voies aériennes Oui
Biefs navigables Oui
Train Oui

Le territoire de Bukama qui est traversé par la route nationale N° 1(RN 1), est aussi un carrefour de tous les autres modes de transport tels que décrits ci-dessous:

  • Chemin de fer tenu par la SNCC: ligne Lubumbashi – Luena – Bukama – Kabondo Dianda – Kamina. Les rails sont dans un état d’usage avancé; ceci provoque pas mal de déraillement ainsi que des pertes économiques et en vies humaines. En plus, les wagons sont vieux et méritent d’être remplacés.
  • Voies fluviales et lacustres: le Bief navigable (646 km) va de Bukama à Kongolo, sur le Lualaba (fleuve Congo). On peut naviguer de Bukama à Kinkondja, et Bukama à Butumba. La navigation devient de plus en plus compliquée suite au sable qui envahit le fleuve; une seule machine de dragage est à l’œuvre (malheureusement avec une puissance insuffisante) mais son impact est difficilement valorisable par les utilisateurs de cette voie. Comme conséquences le prix du transport hausse et les échanges commerciaux sont étouffés. Actuellement, seuls 7 bateaux/baleinières (en moyenne) accostent mensuellement à Bukama avec 75.000 tonnes de marchandise et repartent avec 50.000 tonnes de marchandises.
  • Voies aériennes: L’on trouve des aérodromes à Bukama, Luena, Kinkondja et Kapamay; seule la compagnie ITAB fréquentait ces pistes mais depuis un temps, les atterrissages se font rares sauf pour Kinkondja. Les pistes d’atterissage ne sont vraiment pas entretenues. Elles sont devenues de plus en plus un passage pour les commerçants et transporteurs sur vélo; quelques véhicules y circulent. L’avion de Méthodistes attérit quelques fois à Luena et à Nyembo (Kapamayi).
  • Le territoire de Bukama compte 1.070 km de routes économiquement vitales. La Route national N°1 traverse la chefferie de Kibanda-Luena-Bukama-Kabondo Dianda (138 km) et la route provinciale qui relie Bukama à Kinkondja (187km). Les deux routes sont respectivement en moyen et en mauvais état: trop de sable et/ou trop de bourbiers; nids de poule sur plusieurs tronçons. Ceci décourage l’arrivée des camions et autres engins, freinant ainsi le développement des activités commerciales à l’intérieur du territoire de Bukama.
Réseaux de communication
Africel Non
Airtel Oui
Orange Oui
Tigo Oui
Vodacom Oui

La couverture du réseau n’est pas totale sur l’étendue du territoire. Le réseau Vodacom est le plus utilisé dans le territoire de Bukama. Les points de vente des unités sont insuffisants à Bukama et même à l’intérieur du territoire. Le M-pesa existe seulement à des endroits spécifiques alors que Airtel money n’existe presque pas.

Attraits touristiques
Parcs Oui
Jardins botaniques Non
Jardin zoologiques Non
Chutes d’eaux Oui
Sites touristiques Oui
Sites sacrés Non

Le territoire de Bukama compte plusieurs attraits touristiques : le majesteux fleuve Congo, le Parc Upemba, la Montagne Ntumba ; le Pont-rail sur fleuve, les bateaux à fabrication locale. Des dires d’un professeur, « l’essentiel du cours de Géographie de la RDC s’y trouve ».

L’impraticabilité de routes et la crise de confiance de touristes vis-à-vis de certains coins de la RDC, font à ce que les touristes se raréfient en Territoire de Bukama. Seuls les écoles et universités utilisent ces sites pour des illustrations.

Espèces phares de la faune
  • Singes
  • Eléphants
  • Tortues
  • Poissons
Espèces phares de la flore
  • Palmier à huile
  • Bananier produisant de fruits de 50 cm de longueur
  • Manguier produisant de fruits de 1 kg
  • Agrumes


Situation sécuritaire

Le territoire de Bukama est relativement calme depuis 17 mois, en dehors de quelques inciviques armés qui se manifestent ponctuellement en chefferie de Butumba.


Opportunités de développement

  1. Existence du courant électrique : qui pourait faciliter le développement du secteur secondaire et tertiaire en territoire de Bukama. La transformation et le conditionnement de produits agricoles peut ainsi se faire localement. Cela pourait créer des emplois pour les jeunes et créer de la valeur ajoutée aux produits locaux. Autre chose, les revenus de paysans (environ 85% de la population) pouraient être accrus. La sécurité alimentaire et la souveraineté alimentaire pouraient ainsi devenir une réalité dans la zone.
  2. Présence de cours d’eau et lacs: qui pouraient bien favoriser la riziculture, la pisciculture et le développement d’une pêche moderne ; il y aurait ainsi création des emplois. Le transport pourait coûter moins cher en utilisant les bateaux et la population de l’intérieur du territoire pourait jouir des facilités pour accéder aux biens de première nécessité. L’élevage intensif serait bien facile à côté de sources d’eau. L’accès à l’eau potable ne devrait plus poser un problème.
  3. Présence de bassin de production agricole et potentiel pastoral : Bien que la zone ait seulement 2 saisons (1 sèche et 1 de pluie), le relief, la végétation et le type de sol sont très favorables à l’agriculture et à l’élevage. Il ne reste qu’à intensifier de projets de relance agricole et à offrir aux paysans et fermiers un service catalyseur compétent pour voir le territoire de Bukama, se placer en position de choix dans les zones agropastorales spéciales de la RD. Congo. Surtout que les déchets de produits agricoles servent bien pour l’alimentation de bêtes. La traction animale et la mécanisation agricole y sont possibles.
  4. Une Population jeune (en majorité) : la main d’œuvre étant disponible, il ne reste qu’à implanter de centres de formations professionnelles (mécanique, menuiserie, maçonnerie, jeunes paysans, coupe et couture,…) pour que ces jeunes soucieux de leur avenir, répondent mieux et pendant une période assez longue, aux besoins de la société par les différents métiers. Ceci réduirait sensiblement le vol, le banditisme, la délinquance juvénile et surtout l’adhésion de jeunes aux groupes armés.
  5. La position du Territoire au milieu des autres territoires de l’ex province du Katanga : ceci serait une garantie qu’en cas de surproduction agricole, les produits de paysans de Bukama pouraient bien se vendre dans des marchés locaux. Ainsi, même si un pays voisin ferme ses frontières, Bukama ne verrait pas ses produits pourrir suite au blocage d’exportation.
  6. L’existence de gisements de minerais et carrières : les recettes de ce secteur devraient bien faciliter le développement du territoire de Bukama ; favoriser et faciliter les jeunes locaux à accéder aux emplois. Quelques tronçons routiers devraient être entretenus par les sociétés minières qui extraient ces minerais et qui opèrent avec des engins lourds.
  7. Le soleil accablant de Bukama: ceci est une source qui pourait bien fournir de l’énergie photovoltaïque grâce à l’utilisation de panneaux solaires et faciliter l’accès à l’energie.
  8. Le charbon de Luena : pourait aussi être bien valorisé pour l’énergie géothermique. 

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