Territoire de Yahuma

Fiche du territoire

Mise à jour le 31 mars 2017

Province Tshopo
Superficie 20 753 km²
Taille estimée de la population 242 253 hab.

(source: Rapport annuel 2016 de l’Administration du Territoire)


Carte administrative


Données géographiques et culturelles

Données géographiques
  • Ordonnance de création:

Le territoire de Yahuma est une entité territoriale décentralisée de la province de la Tshopo qui existe par l’Ordonnance n° 40/AIMO du 15 mars 1935.

  • Localisation:

Le territoire de Yahuma partage de frontières avec des territoires de la province de la Tshopo et ceux de la Tshwapa. Ainsi, situé à l’extrême ouest de la province de la Tshopo; le territoire de Yahuma est limité :

  • Au nord par le territoire de Bumba de la province de Tshuapa et le fleuve Congo;
  • Au N-E par de le territoire Basoko de la province de la Tshopo;
  • Au N-O par les territoires de Bongandanga et de Djolu de la Tshuapa;
  • Au sud par les territoires d’Ikela et d’Opala;
  • Au S-E par le territoire d’Isangi;
  • Au S-O par le reste du territoire de Djolu.

Tout comme les autres territoires de la Tshopo, Yahuma est un territoire qui est traversé par beaucoup de cours d’eaux riches en animaux aquatiques dont les plus importants sont des poissons de toutes sortes. Parmi les rivières importantes riches en poissons nous pouvons citer Lopori, Lonua, Luengo, Loleka etc.

Pour ce qui est de la localisation longitudinale et altitudinale, il est situé à l’extrême ouest de la province de la Tshopo avec 1° 08′ Nord 23° 07′ Est sur une altitude de 305 m selon les données GPS de PREPICO (Programme de Réhabilitation des Pistes du Congo).

  • Climat:

Ce territoire connait un climat équatorial chaud et humide avec une alternance de deux saisons ; la saison sèche et la saison des pluies. La saison sèche commence au mois de janvier jusqu’en mars et celle de pluies d’à avril en décembre. La température varie selon qu’il fait nuit ou jour. De janvier en mars, il fait extrêmement chaud le jour et très froid la nuit tandis que d’avril à décembre c’est la fraicheur tout au long du jour.

  • De la pluie :

Il pleut abondamment d’avril à décembre, c’est à cette période que l’on assiste à des inondations dans les milieux traversés par des rivières et ceux côtiers au fleuve.

  • Nature du sol:

Le sol du territoire de Yahuma est en général sablonneux sauf à certains endroits où il est sablo-argileux comme à Lobolo ; chef-lieu Secteur de Bolinga. Se trouvant dans la cuvette centrale, le territoire de Yahuma est constitué d’une plaine entrecoupée des plateaux. Les collines y sont rares, ce qui facilite le déplacement des piétons et des conducteurs des vélos appelés communément Toleka.

  • Renseignement sur le sous-sol :

Le sous-sol de Yahuma regorge des potentialités des minerais non encore exploitées jusqu’ici. On note dans ce cas de l’or, du diamant, du mercure rouge et du pétrole. Pour ce qui est du diamant et de l’or, on remarque dans certains milieux des exploitations artisanales clandestines. Une société britannique qui est venue faire une prospection et a stocké plus de 1000 sacs de sables pour prototype mais qui ne sont plus revenus. Pour ce qui est du mercure rouge découvert dans une rivière du Secteur de Bolinga, les sources laissent entendre que celui-ci est phénoménal ; il se fait voir une fois par an et cela au même mois, le même jour et à la même heure. Les creuseurs artisanaux (clandestins) découvrent par-ci par-là certains échantillons. En 2013, pour la toute première fois, l’Inspecteur provincial de mines est venu dans ce territoire avec pour objectif :

  • Inspecter les gisements miniers, sensibiliser et mobiliser les ayants droit possédant des concessions afin de permettre la prospection des minerais dans leurs domaines.
  • Contrôler les foyers miniers environnants et examiner avec les autorités locales du ressort, la possibilité d’ouvrir un poste minier dans le territoire.
  • Végétation :

Le territoire de Yahuma est en grande partie couvert par une forêt danse qui est sujette à une éventuelle exploitation par la SIFORCO qui a signé trois cahiers de charges avec les communautés de Yanduka pour l’exploitation du titre 001/98, de Mondibi et de Bokala pour le titre 008/98. Cette forêt a une faune et une flore très appréciables capables d’attirer les touristes. Dans celle-ci se trouvent plus ou moins dix espèces d’arbres non exploités. Ces arbres s’abattent sur les routes à cause de la vieillesse. Parmi ces espèces d’arbres, on a Affrorouse, Titola, Waka, Eben, Sapeli, Tola etc.

  • Hydrographie:

Yahuma n’a aucun lac. Cependant, il a des rivières importantes riches en poissons et est en partie côtier au fleuve Congo. Parmi ces rivières importantes, nous pouvons citer Lopori, Lonua, Luengo, Loleka etc.

Particularités et richesses du territoire
  • Le territoire de Yahuma regorge des potentialités minières. Ces minerais restent non encore exploités jusqu’ici ;
  • Ses rivières riches en poissons et sa forêt riche en espèces de bois ;
  • Son sol est très fertile et confiant à la culture du riz, du manioc et du maïs.
Données culturelles
  1. Composition de la population

Deux grandes tribus habitent le territoire de Yahuma. Les Ngando et les Bambesa. A celles-ci s’ajoutent une minorité des pygmées estimés à 1% de la population totale. Les Ngando sont estimés à plus ou moins 60%, les Mbesa à plus ou moins 39% de la population totale.

  1. Caractéristiques culturelles
  • Le mariage

Pour toutes les tribus, le mariage est en général coutumier. Premièrement, il faut s’annoncer à sa belle-famille. Le jeune époux doit donner une somme égale à deux chaises qui constituent pour lui un permis de s’assoir dans la famille. Si accord il y a, sa famille vient discuter la dot avec la belle famille. La deuxième étape à faire après discussion est de donner une avance sur dot constituée d’une chèvre ou un porc, d’une machette et une lime, d’une pièce de pagne pour la belle mère et une casserole de fabrication locale modèle 10. Si toutes ces conditionnalités sont respectées, on récupère la femme. Et la dernière étape est la dot publique. Celle-ci va dépendre des avoirs du jeune époux interviendra après des années de mariage.

  • Les moyens de communication ancestraux

Les jeunes garçons étaient initiés au battement de tamtam et du clairon qui servent de transmettre le message ou d’annoncer un événement.

  • Les folklores

Les enfants sont initiés à des danses traditionnelles dans la forêt pour l’intégration dans leur milieu. Le peuple Ngando est essentiellement chasseur par des outils ancestraux et exprime sa joie ou sa mélancolie par des danses (Bisiya, Likimia et Lilwa) lors du mariage, des funérailles ou de l’intronisation. Le Mbesa quant à lui est pêcheur et utilise les danses Lingele et Efolo dans le même but.

  • Les rites d’initiation
  • Dans le temps, dès qu’on a une nouvelle femme dans la famille, on la gardait pendant six mois dans la maison où on lui donne une crème traditionnelle appelée Ngola qu’elle doit appliquer chaque jour sur son corps et le jour de la sortie est une grande cérémonie.
  • Pour la femme qui vient de mettre au monde pour sortir de l’enclos, puisque celle-ci n’exécutait plus ses activités quotidiennes (aller puiser de l’eau, chercher de bois de chauffage, aller au champ), il faut organiser une cérémonie d’autorisation de travailler qui lui permet de recommencer à faire ses activités.
  • Les jeunes filles d’une même tranche d’âge sont rassemblées dans une maison pendant une période de 6 mois. De là, elles reçoivent l’éducation de la part de leurs tentes maternelles sur comment vivre chez autrui, comment conserver son foyer etc. Lors de la sortie, on organise des cérémonies spectaculaires pour permettre aux jeunes garçons désireux de faire leur choix.
  • Quant aux jeunes garçons, ils sont initiés à l’affrontement contre l’ennemi. Cette initiation appelée communément Ebolé inclut la manipulation d’armes comme la lance, le couteau, le bouclier, etc.
  • Ils sont aussi initiés à la chasse au filet.
Langues parlées dans ce territoire
  1. Lingala (90%);
  2. Longando (±65%);
  3. Kimpesa;
  4. Topoké;
  5. Mokala.

Nous remarquons que ce territoire a une diversité linguistique mais ces langues ne se parlent pas de manière populaire. Mais malgré cette diversité, le lingala est plus parlé avec 90% de la population, tant par les enfants que par les adultes. La langue Longando qui vient en second lieu a deux sous-groupes linguistiques. Le Bukutshu qui est parlée par les populations du groupement de Bukutshu, Losanga et Okombukombu dans la chefferie de Mombesa et le Bokala qui est parlée dans le groupement de Bokala-Wamba (secteur de Bolinga) et à Bokala dans le secteur de Buma. L’Upoto qui est un sous-groupe de Kimbesa est parlé dans les villages riverains de Yaolema et Bonama par les gens qui viennent d’Isala et Bumba. Toute la population parle couramment le lingala et les autres langues ne se parlent que quand les interlocuteurs veulent dissimuler leur conversation.

Principales activités

Principales activités

  1. Agriculture (65%)
  2. Elevage du petit bétail
  3. Pêche (30%)
  4. Petit commerce
  5. Artisanat
  6. Autres

L’agriculture et l’élevage des petits bétails sont surtout pratiqués pour l’autosuffisance alimentaire. En les associant, on s’aperçoit que 65% de la population sont occupés par ces deux activités. En effet, en dehors de l’agriculture de l’autosuffisance dont les principaux produits sont le riz, le manioc, le maïs et la banane, certaines personnes sont occupées par un travail salarié. Ce sont les agents de la société PHC/FERONIA. Cette dernière s’adonne à la filière palmier à huile dans ce territoire. L’agriculture se pratique en saison de pluies surtout et la récolte intervient au début de la saison sèche. Cependant, la pêche, une autre activité importante est plus rentable en saison sèche qu’en saison de pluie. Elle connait un bon rendement durant la saison sèche, entre décembre et mai. Durant cette période, de très grandes quantités de poissons sont attrapées et servent aussi bien pour l’autoconsommation que pour la vente dans de grands centres de consommation. Le petit commerce reste une activité qui relève des versatiles et non de autochtones. Cette activité se pratique surtout dans la chefferie de Mombesa, dans la cité de Mosité et à Lobolo (secteur de Bolinga). Ces commerçants ne parviennent pas à couvrir la demande de la population suite à l’enclavement du territoire. Pour ce qui est de la pêche, on note encore que la population de Yahuma pratique deux sortes de pêche : la pêche artisanale qui se pratique sur le fleuve Congo et où on utilise les hameçons et les filets et la pêche rurale qui se pratique dans les rivières à l’intérieur du territoire et pour laquelle on utilise les matériels fabriqués par les paysans eux-mêmes. Selon le recensement de l’inspection territoriale de l’Agripel 2016, la population pêcheuse de Yahuma s’élève à 15102 pêcheurs dont 15200 à Mombesa sur l’axe fleuve et le reste sur l’axe forêt.

L’artisanat se pratique surtout pour le décorticage du riz pour lequel certaines personnes possèdent des petites rizeries dans lesquelles on installe des petites décortiqueuses mais aussi pour la transformation de noix de palme en huile de palme pour laquelle on recourt à une technique artisanale pour cette fin.


Situation économique

Revenu journalier moyen Donnée non disponible
Taux de change flottant appliqué au 31 mars 2017
Vendeur : 1$ = 1 300 FC Acheteur : 1$ = 1 250 FC
Nombre d’opérateurs économiques 212

Principaux opérateurs économiques
  1. Maman Rosalie : exploitation du bois et raffinerie artisanale de l’huile de palme;
  2. Levis : exploitation du bois;
  3. Esole John : agriculture, élevage et raffinerie artisanale de l’huile de palme.

A part ces opérateurs économiques, on note la présence de commerçants ambillants qui s’élève à 185 dans le territoire. Ceux-ci sont sont repartis dans les secteurs qui composent le territoire de Yahuma. Ces opérateurs en majorité n’emploient pas. Ils font personnellement leurs activités ou dans le cas échéant se font aider par les membres de la famille.

Principales activités des opérateurs économiques
  • Petit commerce;
  • Exploitation forestière;
  • Agriculture.

Les opérateurs économiques de Yahuma ne s’adonnent qu’au commerce. Ceux qui exploitent le bois sont rares malgré l’abondance et la variété du bois dans le territoire. Le territoire étant enclavé, ils ont peur d’investir dans les activités comme l’agriculture par manque de voies d’évacuation de leur production pourtant ce sont les secteurs qui restent inexploités jusqu’ici dans le territoire.

Principales activités des PME/PMI
  1. Exploitation forestière ;
  2. Production et transformation des noix de palme ;
  3. Rizerie.

Les PME/PMI enregistrées par le service de l’IPMA ne sont pas tous en règle avec l’Etat, la plupart d’entre elles œuvrent dans l’exploitation forestière. La plus active est celle qui s’occupe de la production de noix de palme et leur transformation. Toutefois, le territoire compte quelques décortiqueuses pour l’usinage des riz. Il y a quelques presses artisanales d’huile de palme, quelques moulins pour triturer le manioc.

Dans plusieurs villages, il n’y a ni entreprises publiques ni privées. Pourtant, il existe dans ces derniers, des potentialités pouvant susciter des investisseurs. C’est le cas d’or, de la pêche dans le fleuve Congo qui reste artisanale, du transport terrestre etc. L’économie locale est blanche, entièrement soutenue par le secteur informel. Comparativement à d’autres territoires, le secteur privé et les ONG internationales sont faiblement implantés dans le territoire. A l’exception de de PHC/FERONIA qui reste opérationnelle après la fermeture de SIFORCO, il n’existe aucune entreprise sérieuse capable de générer de l’emploi.

Grandes entreprises locales

La Plantation des Huileries au Congo (PHC), qui est une entreprise agricole qui se trouve au carrefour de trois territoires : Basoko, Yahuma et Isangi. La grande partie de palmeraies se trouve à Yahuma (90% de l’étendue exploitée), l’usine principale ainsi les services administratifs sont localisés à Lokutu/Territoire de Basoko. Elle emploie un personnel estimé à 1612 contrats pour l’année 2016. Cette entreprise appartient à la multinationale FERONIA. Elle exerce dans ce territoire depuis 1911.

Principaux produits agricoles
  1. Le paddy (65%)
  2. Le manioc (25%)
  3. Le maïs (10%)
  4. La banane plantain
  5. Le niébé
  6. Arachides

Le territoire de Yahuma est essentiellement agricole. Cette activité combinée avec l’élevage du petit bétail occupe plus de 65% de la population. Son sol s’adapte principalement à la culture du riz, du manioc et du maïs. Les matériels agricoles y sont rudimentaires et peu diversifiés ; ils ne permettent donc pas une production optimale malgré la disponibilité des terres. Ils sont constitués de la machette, de la hache, de la lime, rarement de la houe et, quelques fois, de la bêche. Par ailleurs, quoique simples et dérisoires, ces matériels ne sont pas toujours accessibles, aussi bien sur le marché, qu’en termes financiers par rapport au budget des ménages agricoles. Dans les contrées les plus éloignées, les paysans recourent aux haches fabriqués par des forgerons locaux. L’usage des machines et moteurs agricoles est encore ignoré dans ce territoire. Toutefois, le territoire compte quelques décortiqueuses pour l’usinage des riz. Il y a quelques presses artisanales d’huile de palme, quelques moulins pour triturer le manioc. L’agriculture que pratique la population de Yahuma n’est que celle de subsistance. Ceci est dû au manque et l’inaccessibilité des outils agricoles mais aussi à l’enclavement du territoire. Les routes de dessertes agricoles ne sont pas réhabilitées, les semences qu’utilise cette population sont déjà dégénérées, pas de coopératives agricoles pour permettre le stockage de récoltes ou de semences. Les moyens de transports étant coûteux dans ce territoire, l’on est obligé de consommer (vendre la production) sur place.

Eu égard à ce qui précède, il se dégage donc que la population opère le choix des spéculations en fonction de temps de conservation, de consommation d’une culture mais aussi la disponibilité des instruments agricoles selon la nécessité d’une culture. Toutefois, c’est surtout l’enclavement qui joue le rôle le plus déterminant dans le choix des cultures, dans la mesure où les paysans s’astreignent à opérer des choix qui tiennent compte de ce facteur dans l’écoulement de leurs produits vers les marchés. Les produits cités ci-haut sont destinés à la consommation locale à cause de manque de canaux d’évacuation de ces derniers dans les autres territoires, ils sont aussi transformés localement ou artisanalement. Il existe pour cette fin les rizeries locales et pas même des moulins pour la transformation des maïs et des maniocs en farines. C’est pour cela que les maïs et le manioc sont essentiellement utilisés pour la fabrication de boissons locales comme le lotuku et de la shikwange.

La commercialisation et l’écoulement des produits se posent problème dans ce territoire à cause de mauvais état des routes l’installation des rizeries à Mosité et à Lobolo témoigne la forte production de riz, mais aussi un fort accroissement de la production de manioc se fait observer depuis l’année passée. A ceci s’ajoute une forte production animale qui est dépendant de la production agricole. La pêche n’est pas restée sans accroissement ; en effet, les poissons sont devenus très abondants sur les marchés locaux de sorte que l’on commence à les sécher pour les conserver et les exporter vers les autres centres de consommation, vers les autres territoires et vers le chef-lieu de la province.

Principaux produits non agricoles
  1. Viande boucanée;
  2. Poisson;
  3. Chenilles;
  4. Champignons.

La population du territoire de Yahuma ne se contente pas seulement des produits agricoles. En effet, étant dans la forêt équatoriale et bordant le fleuve avec des rivières, elle peut compter aussi sur la viande sauvage mais aussi sur les poissons qui sont le produit de la pêche. En se dirigeant dans la forêt cette dernière y trouve des espèces de champignons mais aussi des fruits qu’elle peut consommer. Tous ces produits sont destinés à la consommation locale mais aussi la grande partie de la viande boucanée, de poissons et des chenilles est destinée la vente à l’extérieur vers les autres territoires et vers la ville malgré l’enclavement du territoire. Ces produits sont périodiquement remarqués dans la forêt.

Principales sources d’énergie
  1. Energies solaire
  2. Groupe électrogènes
  3. Bois de chauffage
  4. Braises

L’électricité reste un casse-tête dans plusieurs villages. Le moyen le plus utilisé pour les ménages est le panneau solaire. Mais le pouvoir d’achat des ménages ne permet pas à la majorité d’en acquérir malgré le prix qui est abordable. Ceci est une conséquence de manque de voies d’évacuation des produits des paysans. Avec la forte production des produits agricoles et la forêt, l’existence du courant éclectique pourrait donner naissance aux activités de transformation des produits sur place et à l’exploitation du bois.


Situation sanitaire

Nombre d’hôpitaux 1
Nombre de centre de santé 27

Dans un territoire très vaste comme Yahuma on n’a qu’un seul hôpital qui se trouve au chef-lieu du territoire. Ce territoire est très éloigné des villages et à cause de l’état des routes. Les centres  de santé qui pourraient suppléer aux activités de l’hôpital sont en nombre réduit. La population fait beaucoup de kilomètres à pied pour atteindre l’hôpital ou le centre de santé avec ce que cela cause comme risque. Pas d’ambulance, on compte alors des malades qui meurent  en cours de route en destination soit de l’hôpital ou du centre de santé. Selon le médecin directeur de l’HGR de Yahuma, même le peu de centres  de santé ne sont pas équipés en médicaments mais aussi en personnel soignant qualifié. L’état des infrastructures sanitaires laisse à désirer. L’HGR qui est en matériaux durables, a été réhabilité par la BAD en 2013. Les conditions de vie et d’hospitalisation des malades dans tous les centres de santé restent à déplorer ; pas de lits de malades, pas des latrines, pas de courant (éclairage).

Maladies les plus récurrentes
  1. Paludisme (76,3%);
  2. IRA (17,8%);
  3. Choléra (4,3%);
  4. Fièvre typhoïde (1,3%);
  5. Diarrhée (0,28%).

On note que le paludisme a un effectif plus élevé dans le territoire de Yahuma. En ce qui concerne le paludisme, il est à signaler que la zone de santé de Yahuma est une zone réputée endémique. Cette zone se trouvant dans la forêt équatoriale, les populations ne sont pas épargnées de cette maladie. Celles-ci utilisent rarement la moustiquaire qu’on leur distribue et préfèrent l’utiliser pour la pêche et leur construction attire ces intempéries. Les prélèvements du sang effectués dans différents centres de santé et structures médicales auprès de plusieurs patients confirment les cas de paludisme qui a des symptômes quasi identiques à la fièvre typhoïde. Quant au choléra, la consommation des eaux du fleuve, des ruisseaux d’une part et la consommation des aliments crus (noix de palmes surtout) d’autre part sont à son origine.


Education

Enseignement primaire et secondaire
Ecoles primaires 127
Ecoles secondaires 71

Dans la plupart de ces villages, il existe au moins une école. Compte tenu de la distance entre villages, les élèves sont obligés de faire des kilomètres pour atteindre une école. La majorité des infrastructures scolaires dans le territoire de Yahuma sont en pisé et en pailles, rares sont celles construites en dur.   Mais des projets du gouvernement qui vont dans ce sens sont entrepris. En effet, dix autres écoles ont bénéficié de tôles (don du gouvernement central) qui ont été entreposées au bureau de la sous-division. Ces écoles bénéficiaires font progressivement le retrait. Ces tôles viennent suppléer les écoles qui sont en pailles, question de moderniser les infrastructures scolaires dans ce territoire.

Quant à la qualité de l’enseignement, il est à signaler qu’elle n’est pas bonne car les enseignements se dispensent en lingala dans la plupart  des écoles que nous avons visitées et les leçons au primaire sont en majorité préparées en lingala.

Enseignement supérieur et universitaire
Universités 0
Instituts supérieurs 1

Cette institution organise six filières qui sont les suivantes :

  1. Administration rurale
  2. Environnement et développement durable
  3. Gestion des entreprises de développement
  4. Organisation sociale
  5. Planification régionale
  6. Techniques rurales
  • Le désormais ISPT (Institut Supérieur Pédagogique et Technique) est une institution issue de la viabilisation de l’enseignement supérieur et universitaire prenant à son sein l’ISDR et les extensions de l’ISTM/Basoko et de l’ISP/Yambula. En effet ; avec l’arrêté du ministre de l’ESU interdisant le fonctionnement des institutions non fiables, ce territoire est resté avec une seule, l’ancien ISDR. Cette institution qui fonctionne dans son site propre manque des étudiants sur place et continue à fonctionner comme ISDR suite à ce manque gardant ainsi les seules options de l’ISDR.

Les filières organisées dans cette institution rencontrent les réalités du milieu mais malheureusement les activités des diplômés de l’institution ne se font pas voir sur terrain. L’institution compte peu d’étudiants. Selon le chef de section, les diplômés qu’ils essaient de sensibiliser refusent de poursuivre toutes leurs études en campagne et préfèrent poursuivre les études supérieures en ville. Vu le désintéressement de la population à étudier dans le milieu, l’institution n’est pas en même de se payer les enseignants qui doivent dispenser les cours, c’est pour ce que l’institution n’a pas ses professeurs et enseignants propres et compte sur les professeurs visiteurs qui viennent souvent dans le cadre de bénévolat.


ONG et projets

Nombre d’ONG 0
Principales activités

Aucune ONG n’est visible sur terrain dans le territoire de Yahuma. Néanmoins, on remarque quelques asbl qui ont des sièges sociaux à Kisangani. C’est le cas de :

  • Fondation Yahuma-Lisanga (FOYALI) qui est une association qui a des champs de maïs et de riz. Elle œuvre aussi dans le domaine sanitaire avec un poste de santé à Lobolo dans le secteur de Bolinga. Son objectif c’est d’arriver à produire et redistribuer la production aux ménages membres pour constituer de nouvelles semences.
  • CEDERUY,
  • Projet de Développement Rural de Yahuma (PDR/Yahuma) avec pour domaine d’intervention la Sécurité alimentaire, l’éducation civique et sanitaire, l’agriculture durable et la transformation et commercialisation des produits agricoles et pour objectifs : (i) Promouvoir la structuration et l’organisation des Initiatives Locales de Développement (ILD) ; (ii) Promouvoir l’émergence du mouvement paysan ; (iii) Accompagner les populations locales à l’autopromotion ; (iv) Promouvoir le contrôle citoyen de l’action publique et (v) Assurer une éducation sanitaire et environnementale. Cet organisme a déjà réalisé les activités suivantes :
  • Appui à la structuration de 48 groupements paysans :
  • Multiplication de cinq variétés de boutures saines de manioc et distribution aux paysans en 2007 ;
  • Distribution des intrants agricoles et de pêche à 1000 ménages en 2007 et à 1500 ménages en 2009 ;
  • Multiplication et distribution de 5 tonnes de semences améliorées de riz Linge, une variété en pleine vulgarisation en RDC ;
  • Renforcement des capacités des organisations paysannes sur la structuration paysanne, la résolution des conflits et la bonne gouvernance ;
  • Sensibilisation : éducation civique et électorale.

Il a pour partenaires financiers : CTB, PAM, FAO et PAIDECO/ Tshopo.

  • Monde Pour Tous (MPS) avec pour domaines d’intervention l’agriculture, l’alphabétisation, la sensibilisation, l’animation, l’encadrement et micro-finance et sa mission étant d’accompagner les populations à améliorer leurs conditions de vie et d’initier des ouvertures et moyens capables d’opérer le changement des mentalités. Cette organisation a pour but de promouvoir le développement communautaire, la gestion responsable et de l’environnement mais aussi le respect des Droits Humains. Elle compte mener les activités comme :
  • Acquérir deux unités de décorticage de paddy en milieu rural
  • Aménager un parc de multiplication de bananier dans les zones périurbaines
  • Acquisition d’un moteur Hors-bord 55cv
  • Renforcer l’activité fonds rotatif (micro-finance

Mais ceci avec l’appui financier des organisations suivantes : Les Prêtres Catholiques du Sacré-Cœur de Jésus (Dévoniens), USA, BDD/Kisangani, PRAPO etc.

Principaux projets de développement financés par le Gouvernement

Pour l’année 2016 aucun projet financé par le gouvernement n’a e=été exécuté dans le territoire de Yahuma .

Principaux projets de développement sous financement autre que le Gouvernement
  1. Réhabilitation de la piste agricole de Lokumete-Ndongo (36km) par l’asbl COSOL (communauté solidaire) ;
  2. Réhabilitation de la route Lokutu-Mosite- Lobolo (44km) par la PHC/FERONIA ;
  3. Jet du pont Loleka sur la rivière du même nom par la PHC/FERONIA
  4. Construction d’une école technique à Lobolo par l’asbl Sourions Ensemble.

La population de Yahuma reste très passive quant aux initiatives locales de développement et n’attend que le financement pour les projets de développement. Mais aussi ne conserve pas ce qu’elle reçoit comme projet de développement. Mais malgré cela, les seuls individus qui entreprennent certaines initiatives sont à encourager en leur dotant des outils capables de leur permettre de faire mieux.


Accessibilité et tourisme

Accessibilité du territoire
Routes Oui
Voies aériennes Non
Biefs navigables Oui
Train Non

Le territoire de Yahuma est accessible par deux voies. Ces voies connaissent malheureusement d’énormes difficultés liées à l’impraticabilité. Les axes jugés prioritaires sont tous en très mauvais état. La route est entrecoupée par des kilomètres de couches de sable profondes de 20cm environ. Ces couches rendent cette dernière impraticable puisque non canalisé. Les herbes qui poussent le long de la route font de cette dernière un sentier, les arbres qui s’abattent cette mais aussi des érosions sur dernière créent des barrières aux passants. Aucune route bitumée. En conclusion, à l’état actuel, toutes les routes sont en mauvais état et nécessitent des grands travaux. La route qui relie le territoire de Yahuma au territoire d’Isangi longue de plus 200km est coupée un peu partout soit par des érosions, soit par les eaux du fleuve ou des rivières l’inondent, soit par les arbres qui s’y abattent ou soit par des couches de sable longues de 1 à 3 km et profondes de 5 à 10cm, celle qui le relie à celui de Basoko longue de 115km est aussi coupée de la même façon.

La fréquence de trafic sur le fleuve Congo et donc dans le territoire de Yahuma par les bateaux est basse. En effet, sur le fleuve Congo donnant sur le territoire, ce sont les baleinières qui facilitent le transport mais ne sont pas aussi fréquentes aussi les rares fréquentations causent d’énormes accidents dus au chargement car chacun veut aller profiter de cette rare occasion. Selon l’inspecteur territorial des ITPR en moyenne 20 accostages sont mentionnés (bateaux, baleinières et pirogues) en direction de Kisangani ou de Kinshasa et en direction de territoires voisins pour les pirogues et baleinières. La période de fréquence élevée est le mois d’octobre, novembre et décembre.

L’entrée et la sortie du territoire de Yahuma sont possibles par deux voies : la voie fluviale qui ouvre le territoire à la province de Tshuapa et aux territoires de Basoko et d’Opala. La voie routière qui relie le territoire à celui d’Isangi. Mais ces deux voies sont toutes en mauvais état, les routes d’intérêt général telles que le décrit ce petit tableau laissent à désirer. Sur autant de kilomètres de routes que compte le territoire, la majorité est en mauvais état et les produits agricoles et de pêche pourrissent chez les producteurs suite au manque de voies d’évacuation. Aucun véhicule n’ose plus fouler ses pneus dans ce territoire.

En ce qui concerne les biefs navigables, il est à signaler que cette voie connait des problèmes qui sont liés aux locomotives utilisés que sont les bacs. En effet, le territoire ne possède plus aucun bac depuis la rébellion et les différentes guerres, dans les bacs venant d’autres territoires dans ces derniers on charge un tonnage largement supérieur au tonnage normal qui doit être chargé dans le bac et cela cause des accidents. Ce qui décourage nombre de passagers à emprunter ce moyen de transport.

Pour ce qui est des voies aériennes, le territoire de Yahuma comptait à l’époque coloniale 5 pistes d’atterrissage et tous sont restés hors usage.

Réseaux de communication
Africel Non
Airtel Oui
Orange Non
Tigo Non
Vodacom Oui

Un immense territoire comme Yahuma n’est couvert que partiellement et aussi par un seul réseau de télécommunication. En effet, seuls trois secteurs sont couverts, à savoir : Mosite, Lobolo et Mombongo. Fin 2016 la chefferie de Mombesa a bénéficié d’un autre réseau de communication, c’est Airtel qui est buté à beaucoup de difficultés comme l’est Vodacom. Le chef-lieu du territoire n’est couvert jusque-là par aucun réseau. Ici on continue à utiliser la phonie comme moyen de communication. Pour les secteurs où il y a le réseau, il y est de mauvaise de qualité de façon qu’on ne se connecte même pas à internet. Entre 23 heures et 4heures locales, le signal est coupé pour revenir à 4heures15 minutes. Les crédits d’appel ne sont pas disponibles tous les jours, pas des cartes SIM ni mêmes des SIM blanches, pas de Services M-Pesa. On constate même une hausse de prix des unités par flash surtout pour ceux qui veulent acheter en deçà de 50 unités pour qui une augmentation de 50 FC se fait observer sur le prix normal.

Attraits touristiques
Parcs Non
Jardins botaniques Non
Jardin zoologiques Non
Chutes d’eaux Non
Sites touristiques Non
Sites sacrés Non

Autres (à préciser) : forêt  et rivières partout ailleurs.

Le territoire de Yahuma avec sa forêt équatoriale a une faune et une flore contenant des animaux et des espèces d’arbres et qui peuvent faire objet du tourisme. Ses rivières avec des eaux très douces sont aussi appréciables.

Espèces phares de la faune
  • Eléphant
  • Chimpanzé (bonobo)
  • Singes
  • Buffles
  • Antilopes
  • Léopards
  • Tortue

Malgré la chasse des animaux trouvés dans la forêt de Yahuma, les animaux sont encore abondants. La viande dite boucanée est la viande consommée régulièrement par la population.

Espèces phares de la flore
  • Affrorouse
  • Titola
  • Waka
  • Eben
  • Sapeli
  • Tola


Situation sécuritaire

La situation sécuritaire du territoire de Yahuma se résume par une accalmie relative sauf dans la chefferie de Mombesa où on connait fréquemment des cas de cruauté, de vandalisme, de xénophobie etc. Pas de groupes armés, pas de pillages de biens de la population ni même de déplacement de cette dernière. Bref, la population se promène paisiblement 24heures sur 24heures.


Opportunités de développement

Le territoire de Yahuma présente beaucoup d’opportunités de développement et cela dans plusieurs secteurs.

Son sol:

Ce territoire est constitué de 90% de terres arables dont le sol est apte aux cultures de riz, de maïs, de manioc et de la banane. Mais des semences sont déjà désuètes qu’elles ne donnent plus bien comme elles produisaient dans le temps. Même la petite production à laquelle se contente la population aujourd’hui parvient à pourrir soit dans les champs ou dans les greniers faute de moyens et voies d’évacuation vers les grands centres de consommation. Dans ce domaine, le territoire pourrait arriver à fournir à d’autres centres des produits agricoles en quantité et en qualité si les semences étaient développées.

Son sous-sol:

Beaucoup de minerais ont été découvert dans le territoire de Yahuma. Les chercheurs d’une société britannique sont arrivés à découvrir que dans le secteur de Bolinga à Yelemba et à Lolingu, Yandonge et Etoka dans le secteur de Bosoku existent des gisements de l’or d’une teneur de plus ou moins 90%. Mais tous ces minerais restent encore inexploités hormis quelques cas isolés d’exploitation artisanale. Ici, l’obstacle reste l’enclavement de ce territoire. Avec ces richesses, si les voies de communications étaient développées, ceci inciterait des investisseurs à venir investir dans ce territoire.

Sa faune sauvage:

La forêt du territoire de Yahuma a plusieurs espèces d’animaux sauvages. Des animaux comme les chimpanzés, les singes, les léopards, les tortues etc. attireraient la curiosité de plus d’un touriste si ces derniers étaient encadrés dans des animaleries, ce qui développerait le territoire en occupant la jeunesse.

Sa flore:

Les multiples espèces d’arbres sauvages que compte la forêt de Yahuma sont extraordinaires. Si des exploitations forestières étaient entreprises, le territoire aurait une place assez prépondérante dans la conduite du développement de la province. Ceci créerait des emplois qui occuperaient les jeunes et donnerait naissance à d’autres projets dans le territoire.

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