Territoire de Kabeya Kamwanga

Fiche du territoire

Mise à jour le 31 mars 2017

Province Kasaï-Oriental
Superficie 4 500 km²
Taille estimée de la population 672 978 hab.

(source: Rapport annuel 2016 de l’Administration du territoire )


Carte administrative


Données géographiques et culturelles

Données géographiques

Le territoire de Kabeya Kamuanga qui fait l’objet du présent état de lieu est conformément à la Loi n° 10/011 du 18 Mai 2010 en vigueur dans notre pays, une entité politico-administrative déconcentrée subdivisée en quatre (4) Secteurs qui sont des entités politico-administratives décentralisées au regard de la même Loi ; à savoir : 

le Secteur de Ndomba, au Nord du Territoire de Kabeya Kamuanga, Chef  Lieu  Ndomba ;

le Secteur de Mpemba, au Sud du Territoire, Chef  Lieu Tshintshianku;

le Secteur de Kalela, au centre –Est, Chef lieu Bena  Tshimbi;

le Secteur de Lac Munkamba, à l’Ouest du Territoire, Chef lieu Muunguyi. 

Au-delà de ces secteurs, le territoire compte également 38 groupements et deux cités : la cité de Keena Nkuna, chef lieu du Territoire et la cité de  Munkamba, au Lac  Munkamba. 

Il est habité par les Bakwa Kalonji ka Mpuka (Beena Mpuka). Une grande partie de la population actuelle du territoire de Kabeya-Kamuanga sont des réfugiés venus de Luluabourg. Sur son appellation et sa constitution, Muya Mulowayi écrit, dans le numéro de l’hebdomadaire Dimukai du 20 avril 1973 : 

« […] les habitants de Tshikaji aujourd’hui Konku dans la région du Kasaï-Occidental […] se sont installés à 65 km de […] Mbujimayi. Ces habitants se sont regroupés autour d’un capita du village appelé Kabeya-Kamuanga. Avant l’indépendance, la collectivité mère (chefferie) ancienne se dénommait “Kalonji Kabula Mpuka”. Ce dernier est un ancêtre de Beena Mpuka. En 1960, pendant le régime du citoyen Kalonji mulopwe, l’appellation “Kabeya Kamuanga” était devenue courante dans le langage officiel. Les autorités d’alors durent adopter le nom du capita Kabeya-Kamuanga pour la chefferie. Parler de Kabeya-Kamuanga dans les années 1960, c’est évoquer l’anarchie, la détresse, la faim et la misère. […] Le 28 septembre 1972 […] le conseil de la collectivité se réunissait pour revoir l’appellation de la collectivité. Le 20 février 1973, la décision est prise par une écrasante majorité des conseillers : Kabeya-Kamuanga devient “Lukula” et le chef-lieu de Lukula devient “Kalela”. La minorité s’oppose et préfère garder soit le nom de Kabeya, soit le nom de Kabula Mpuka, soit celui de Masanga. Lukula et Kalela sont retenus. Lukula est une rivière qui prend son cours normal dans la région du Shaba et se jete dans la rivière Sankuru […]. Kalela est une montagne, Masanga aussi est une montagne. Le conseil de la collectivité dans sa réunion précitée dut adopter “Kalela”. En même temps la localité de Cha Cha Cha (écrit aussi “Tshia Tshia Tshia”) est devenue Mulunguiyi, nom d’une rivière. »

Coordonnées géographiques  

Le Territoire de Kabeya Kamuanga est situé à 45Km à l’Ouest  de Mbuji-Mayi, chef lieu de la Province du Kasaï Oriental sur la route  nationale n°1 aux coordonnées suivantes : 

– 6 degrés latitude Sud

– 24 degrés longitude Est

– 600 mètres d’altitude 

Il est borné au nord par le territoire de Dimbelenge dans le district de la Lulua jusqu’à la rivière Lubi ; à l’est par le territoire de Lupatapata et une partie du territoire de Miabi ; au sud par le territoire de Miabi jusqu’en amont de la rivière Lubi, et à l’ouest par le territoire de Dibaya. 

Climat 

L’air du territoire de Kabeya Kamuanga est en général riche en oxygène et la température moyenne est de 22.5 ° C

La pollution reste minime en dépit de la pollution ponctuelle due à la poussière en saison sèche soulevée sur des voies en terre.

Le climat est tropical humide avec deux saisons, sèche d’environ 3 mois et pluvieuse durant 9 mois.

 

Hydrographie

 

Le territoire de Kabeya-Kamuanga est parcouru du sud-ouest à l’est par la rivière Kalombo, qui se jette dans la partie supérieure de la Lubi (qui prend sa source en territoire de Luiza dans le district du Kasaï et passe à l’ouest du Kasaï-Oriental; elle est un important cours d’eau qui coule du sud vers le nord et se déverse dans la rivière Sankuru au niveau de Lusambo). Celle-ci coule du sud vers le nord ; sa source se situe en territoire Bakete et se jette dans la rivière Sankuru. Dans la partie ouest-nord du territoire, c’est la rivière Basanga qui a pour confluent la Mulunguyi ; elle se jette dans la Lukula ; dans la partie est-nord se trouve la Mulenda. Dans le secteur Ndomba, coulent  : dans le nord, les ruisseaux Mabila, Buduwa, Bondo, Biasa, Kamijuwa, Dijiba Kanjinga, Mbiye, Tulondu, Ndamisha, Mulamba Mubola, Nsabwa et Kalayi ; dans le sud, les ruisseaux Midi, Mukunze et la rivière Kakangayi, qui se jette dans la rivière Lubi ; à l’est, les ruisseaux Dangisha et Lobo ; à l’ouest, la Lubi et la Kakangayi. 

Le territoire possède également des plans d’eau fermés (sans écoulement : cas des lacs Munkamba à la frontière nord-ouest du territoire de Kabeya Kamuanga et le district de la Lulua dans la province du Kasaï-Occidental et les plans d’eau ouverts qui ne sont que des expansions lacustres et des rétrécissements (cas de la M’Fwa9). Ils ressemblent à des lacs de plaisance, lieux propices au tourisme. On peut y développer l’ « écotourisme ». 

La M’Fwa est une rivière en expansion lacustre qui se jette dans la Lubi ; elle est souvent assimilée au lac à la suite de l’expansion des eaux. 

Dans la partie septentrionale du territoire de Kabeya-Kamuanga, le lac Munkamba, au nord ouest, est la frontière avec le district de la Lulua. Chacune de ces deux entités administratives en revendique la propriété. Quant au lac M’Fwa, il est situé au nord-est du Kasaï-Oriental. 

Sol 

Le territoire de Kabeya Kamuanga a deux sortes de sols :

-sol sablonneux au centre et dans la grande partie du Territoire.

-Sol argileux à la périphérie.

Certaines parties sont favorables à l’exploitation agricole et à l’élevage.

Les parties du Nord, de l’EST et celles le long des courts d’eau sont très fertiles. 

Forces :

-présence de deux sortes des sols : argilo-sablonneux.

-le sol de la périphérie pouvant être utilisé pour la fabrication des briques cuites et à dobe pour l’amélioration de l’habitat.

-existence des procédures et textes légaux réglementant l’occupation des sols.

-présence des services de l’environnement et conservation de la nature.

Faiblesses :

-Pauvre pour la grande partie

-faibles réserves minérales.

Opportunités :

-Deux sortes des sols qui sont propices pour les cultures adaptées dans le sol sablonneux et celles adaptées dans le sol argileux.

-présence du sol argileux favorise l’amélioration de l’habitat.

Menaces :

-les érosions

-l’agriculture sur brûlis

-le non respect des normes environnementales relatives à l’exploitation minière.

-déforestation

-l’utilisation des feux des brousses.

-dégradation des infrastructures routières.

Particularités et richesses du territoire

Le territoire de Kabeya Kamuanga présente certaines particularités notamment : 

Particularité 1 : Existence des cours d’eau et des lacs (Lac Munkamba, Lac M’Fwa, Rivière Lubi,…) ;

Particularité 2 : Gisements des minerais : diamant, le cuivre, le calcaire et le fer.

Particularité 3 : Navigabilité du bief entre la rivière Lusambo et la rivière Lubi et il est traversé par la route nationale n°3 ;

Particularité 4 : Présence des chutes (chute de la Lubi, chute de Lukula) 

Richesses du territoire 

Richesse 1 : Sol de la périphérie pouvant être utilisé pour la fabrication des briques cuites et à dobe pour l’amélioration de l’habitat ;

Richesse 2 : Présence des minerais : diamant, malachites, chaux, pierres plates, chrome, calcaire, fer pouvant stimuler la production ;

Richesse 3 : Existence des cours d’eau et lacs pouvant fournir de l’eau de boisson, la production de l’électricité, l’exploitation des ressources halieutiques et l’aménagement hydro agricole et y développer l’écotourisme ;

Données culturelles

Le territoire de Kabeya Kamuanga est majoritairement occupé par les Luba.

Les legs de l’empire sont encore visibles dans le territoire de Kabeya Kamuanga, où les coutumes locales, ont une forte influence Luba.

Langues parlées dans ce territoire

Tshiluba (100%)

Lingala (10%)

Swahili (20%) 

Le Tshiluba est parlée par la quasi-totalité de la population de Kabeya Kamuanga étant donné qu’il est habilité par les Luba qui ont pour langue vernaculaire.

Principales activités

Exploitation artisanale du diamant

Agriculture

Elevage

Forge

Commerce 

L’économie de Kabeya Kamwanga est dominée par l’exploitation artisanale du diamant et l’agriculture. La baisse du cours du diamant sur le marché mondial a entraîné la chute de l’économie du territoire. Les activités spéculatives et celles liées à l’exploitation artisanale du diamant entretiennent sans cesse une demande relativement solvable mais qui n’arrive pas malheureusement à être satisfaite par l’offre intérieure, surtout en ce qui concerne les produits vivriers et même ceux d’origine industrielle. En conséquence, le Territoire est resté tributaire des importations des biens et services d’ailleurs dans le but de combler son déficit. 

L’agriculture et l’élevage sont pratiqués à petites échelles pour la substance alimentaire et le commerce y pratiqué vise essentiellement l’approvisionnement de la population en produits de consommation de base. A Kabeya Kamuanga comme ailleurs dans la Province, la femme joue un rôle déterminant non seulement en tant que productrice agent actif dans le commerce aussi très présent dans le territoire mais aussi du fait de son implication dans les activités des mouvements associatifs.


Situation économique

Revenu journalier moyen Donnée non disponible
Taux de change flottant appliqué au 31 mars 2017
Vendeur : 1$ = 1 400 FC Acheteur : 1$ = 1 200 FC
Nombre d’opérateurs économiques Donnée non disponible

Principaux opérateurs économiques

Diamantaires

Ventes des biens de première nécessité

                                                               

Principales activités des opérateurs économiques

Vente des produits manufacturés

Vente des produits alimentaires

Vente des produits pharmaceutiques

Activité minière 

 

Principales activités des PME/PMI

Dans le territoire de Kabeya Kamwanga, 

811 PME ont aussi bien un chiffre d’affaires (c’est-à-dire allant de 1 à 400000$) qu’un nombre d’employés de 1 à 25 personnes et seules 95 répondent aux 3 critères (chiffre d’affaires, nombre d’employés et paiement des taxes et impôts) ;

95 PME seulement sont formelles (c’est-à-dire reconnue par le service de l’Etat en l’occurrence la Direction Provinciale des Recettes par le paiement de la patente) et 716 sont informelles.

Il sied de noter que ces PME ne sont pas enregistrées ou identifiées auprès du service ayant la gestion des PME dans ses attributions à cause de conflit de leadership entre les différents services déconcentrés. Nous nous sommes limités ici, à considérer comme PME formelle, celles ayant payé la patente.

811 opérateurs économiques sont répertoriés au niveau du territoire de Kabeya Kamwanga ;

Une seule (1) PME est considérée comme de production dans le secteur de la soudure.

Il s’agit de la forge. Révélons que cette activité semi-industrielle est basée dans la cité de Keena Nkuna et dans le secteur de Mpemba (Tshintshianku), et consiste en la production du matériel aratoire (houe). Cette activité permet d’approvisionner la population en petit outillage agricole. Elle est caractérisée par une faible production et la non satisfaction des besoins du marché.

 

Grandes entreprises locales

RAS

Principaux produits agricoles

Maïs (71%)

Manioc (24%)

Niébé (5%) 

La production agricole concerne des aliments de base tels que le maïs, le manioc, le niébé, la courge et les arachides. L’agriculture pratiquée dans le territoire de Kabeya Kamuanga vise l’exploitation des cultures vivrières pour l’autosuffisance alimentaire. Les caractéristiques principales de cette activité sont : traditionnelle, itinérante, outil rudimentaire, sur brulis, superficie réduite, dégénérescence des variétés locales, faible rendement et absence d’une culture de rente. L’importance du maïs n’est pas négligeable. La farine de maïs se mélange de plus en plus avec celle de manioc pour préparer le bidja ou nshima. 

L’élevage de la région reste caractérisé par une production animale à cycle court (élevage coutumier), qui se limite à un petit bétail, composé de caprins, moutons, porcins, de lapins, de cobayes ainsi que de volailles.

L’activité d’élevage s’effectue au sein des ménages. Ils possèdent quelques poules ou chèvres qui circulent librement dans un enclos et fourragent elles-mêmes leur nourriture. Ces animaux constituent la tirelire du paysan, qui peut les vendre en cas de problèmes financiers. 

La pêche est également pratiquée d’une manière artisanale sur les rivières qui arrosent le territoire ainsi que les deux lacs. L’insuffisance de la production de la pêche se justifie en deux cas : manque de pêcheurs qualifiés (formés) et des équipements adéquats.

 

Principaux produits non agricoles

Diamant 

Le sous-sol du territoire de Kabeya Kamuanga est constitué des schistes et quartzites de grès de calcaires et de dolomites comportant plusieurs minerais. Dans ces formations géologiques on trouve des minerais non exploités suivants : le diamant (Exploité artisanalement dans les secteurs de Ndomba, Kalela, Lac Munkamba et Mpemba), le cuivre (secteur de Mpemba), le malékite (secteur de Lac Munkamba à Tshiloba), le fer (secteur de Mpemba), le zinc (secteur de Mpemba), le sel minéral (secteur de Lac Munkamba à Dikundi), le chrome et le calcaire.

 

Principales sources d’énergie

Bois et Charbon (95%)

Solaire  (5%) 

A Kabeya Kamuanga, l’unique source d’énergie combustible dans la zone reste le bois que les ménages utilisent sous deux formes: braise et bois de chauffage alors que le territoire compte sur son sol de potentialités en énergie électrique que pourraient porter ses chutes et ses rapides en l’occurrence les chutes de Mulowayi et de Tshilumbayi sur la Lubi. Il convient de compléter ce tableau par un potentiel barrage d’une puissance de 15 MW sur la rivière Lukula. Le charbon et le bois sont les premières sources d’énergie, tout le territoire en est dépendant. Dans l’ensemble, le charbon et le bois de chauffe sont utilisés par plus de 95% des ménages pour leurs besoins domestiques. 

Les bois de chauffe sont ramassés dans les champs pendant la préparation de terrain et sa cueillette se fait en brouse. Certaines femmes retournées s’adonnent à la cueillette de bois et vendent leurs fagots. La fabrication de la braise est une activité faite par les hommes et les femmes. Ils abattent les bois dans les ilots forestiers. Le bassin est utilisé comme unité de mesure pour vendre la braise.

L’exploitation des potentialités énergétiques de ce territoire joue un rôle déterminant dans son processus d’industrialisation surtout dans ce contexte de découpage, les deux phénomènes sont directement liés. Il n’est donc pas étonnant de constater la situation de non-industrialisation à Kabeya Kamwanga après avoir noté son taux d’électrification nul.


Situation sanitaire

Nombre d’hôpitaux 1
Nombre de centre de santé 15

La situation sanitaire de ce territoire est catastrophique. Sa population, estimée à 183257 habitants, est totalement oubliée et ne dispose d’aucun soutien extérieur. Les moyens dont dispose le seul hôpital de référence de cette zone sont totalement inadaptés aux besoins de santé les plus fondamentaux (hygiène, oxygène, antibiotiques) et malgré la meilleure volonté de l’équipe médicale et infirmière cette structure de soins n’est en aucune manière en mesure de couvrir tous les besoins élémentaires de la population.

La couverture géographique des structures de santé est faible (seulement 58% de la population habitent à moins de 5 Km d’un Centre de Santé offrant un Paquet Minimum d’Activités (PMA). Mais la couverture effective de la population reste faible. Le Paquet minimum d’activités (PMA) et le Paquet complémentaire d’activités (PCA) demeurent encore incomplets dans la totalité des formations sanitaires de la zone de santé (non intégration de la planification familiale par exemple). La distance moyenne entre les formations sanitaires et l’Hôpital Général de Référence est de 33 Km. Cet Hôpital dispose de moyens insignifiants pour prendre en charge une population d’environ 180.000 habitants, oubliés de tous et n’a que 40 lits installés. Il bénéficie d’un appui matériel et des médicaments de la part de l’ONG Solidarité Hospitalière et Save the Children.

 

Maladies les plus récurrentes

Paludisme (67%)

Infections Respiratoires Aigües (12%)

Diarrhée (11%)

Amibiase (7%)

Malnutrition protéino-énergétique (2%)

Anémie (1%) 

Les pathologies suivantes dominent sur la mortalité : 

Paludisme

Anémie

Diarrhée

Infections Respiratoires Aigües

Malnutrition protéino-énergétique

Les principales maladies présentes à Kabeya Kamuanga sont les maladies infectieuses, parasitaires et celles liées à la malnutrition. Dans tous les centres de santé de la zone de santé, le paludisme est en tête, tant au niveau de la morbidité que de la mortalité. Ce sont les enfants de moins de cinq ans qui sont les plus touchés. La présence et la sévérité de ces pathologies est directement liée à la situation socioéconomique du territoire et aux conditions de vie déplorables qu’elle entraîne : manque d’accessibilité et délabrement des infrastructures sanitaires, insalubrité, non-accès à l’eau potable, sous-alimentation.

Les problèmes prioritaires de la zone de santé restent :

Une faible proportion de la population couverte par centre offrant un Paquet Minimum d’Activités complet (PMA);

Vétusté et insuffisance de matériels, infrastructures et équipements dans tous les centres de santé;

Faible taux de disponibilité en medicaments essentiels et génériques et autres intrants;

Non integration des programmes de lute contre le VIH/SIDA, la PTME (Prévention de la Transmission Mère-Enfant), de planning familial;

Faible proportion de la population ayant l’accès à l’eau potable.


Education

Enseignement primaire et secondaire
Ecoles primaires 94
Ecoles secondaires 36

Suivant les données de l’EPSP, le territoire de Kabeya Kamuanga compte 126 établissements scolaires primaires et secondaires confondus. La majorité des établissements, soit 94 écoles (72%), est consacrée au primaire. Seulement 36 établissements (28%) sont réservés au niveau secondaire.

 

La population scolaire pour l’année 2014-2015 est estimée à 35475 dont 16704 filles et 4415 dont 986 au secondaire. Le personnel enseignant est quant à lui estimé à 714 dont 68 femmes au primaire et 399 dont 12 femmes au secondaire. Deux tiers des établissements scolaires à Kabeya Kamuanga sont conventionnées (Catholique 22%, Protestante 47%). Il s’agit des écoles non conventionnées dites « officielles ». Le restant des écoles appartient au privé. Les options suivantes sont organisées : Pédagogie Générale, Agriculture, Commerciale et Administrative, Sociale, Coupe et Couture et Scientifique.

 

En somme, l’enseignement primaire et secondaire rencontre des difficultés importantes dans le territoire de Kabeya Kamuanga. La proximité géographique est insuffisante pour faire envoyer les enfants à l’école dans un contexte de revenu faible. Une forte intervention de l’Etat dans l’amélioration des conditions de vie du personnel enseignant, dans la construction/réhabilitation des infrastructures scolaires adéquates, dans l’équipement des écoles en manuels et supports didactiques et le développement des écoles techniques professionnelles dans le cadre du développement du monde rural semble inéluctable surtout si l’on cherche à réaliser l’objectif « éducation primaire pour tous » pour un Congo émergent d’ici 2030.

 

Il faut cépendant noter qu’avec l’incursion de la milice Kamwina Nsapu, la situation est préoccupante. En effet, des salles de classes de la plupart des écoles n’ont pas des murs ou ont des toitures détruites. Cet état de délabrement des infrastructures trouvent son explication dans le temps passé dans le déplacement car les écoles construites en matériaux locaux (bambous, feuille de rameau, paille, etc.) qui nécessitent un entretien permanent surtout en saison des pluies ne l’ont pas été à cause du déplacement de la population.

Certaines écoles ont perdu les matériels didactiques, les livres et autres documents administratifs qui étaient soit pillés soit incendiés dans les maisons des directeurs. Ces écoles n’ont pas de bureau. D’autres ont des livres (français, math, ce monde merveilleux, etc.) mais ceux-ci ne couvrent pas le besoin des élèves et des enseignants. 

 

Enseignement supérieur et universitaire
Universités 0
Instituts supérieurs 0

Le territoire de Kabeya Kamuanga ne compte aucune institution d’enseignement supérieur ou universitaire à ce jour. Il sied de noter ici que la seule institution d’enseignement qui existait dans ce territoire – il s’agit de l’Extension de l’ISP-Mbujimayi – a vu ses portes être fermées à la suite de l’arrêté n°122/MINESU/CAB.MIN/TMF/RK3/CPM/2015 du 17 octobre 2015 portant interdiction de fonctionnement des extensions des établissements de l’enseignement supérieur et universitaire pour la non viabilité.


ONG et projets

Nombre d’ONG 5
Principales activités

 

Education

Santé

Femmes

Droits Humanitaires

Agriculture

Elevage

La masse paysanne s’est organisée sous forme des organisations non gouvernementale de développement (ONG) qui sont : 

Nom d’organisation Catégorie Domaine d’activités Commentaires
Volontaires de Marie limmaculée ONG Nationale Education, Santé, Femmes Construction des écoles, bourses des enfants vulnérables, couture, soins médicaux des vulnérables
CEFOP ONG Nationale Droits Humains CEFOP: Centre d’Etude et de Formations Populaires pour le droit de l’homme. Il intervient dans le renforcement de capacité en droit del’homme
Save the Children ONG International Santé Appui en médicaments essentiels et appui à la redynamisation de la participation communautaire
Fonds Mondial ONG International Santé Approvisionnement en médicaments de lutte contre le paludisme
ROPLAM ONG National Agriculture, Elevage, Nutrition, Femmes, Droits Humains Regroupement des organisations paysannes du Lac Munkamba (ROPLAM) accompagne les paysans en agropastorale, nutrition et droit de l’homme.
Principaux projets de développement financés par le Gouvernement

PRISS (Projet de Reconstruction des Infrastructures Scolaires) 

Un seul projet a été recensé jusqu’à ce jour dans le seul secteur de l’Education

Principaux projets de développement sous financement autre que le Gouvernement

PRODEKOR

Vas-y ville !

Pooled Fund 

Trois principaux projets de développement dans le territoire sous financement autre que le gouvernement ont été répertoriés. PRODEKOR (Projet de Désenclavement du Kasaï Oriental) est exécuté par la Coopération Technique Belge, Vas-y fille ! et Pooled Fund sont exécutés par l’ONG Internationale Save the Children.


Accessibilité et tourisme

Accessibilité du territoire
Routes Oui
Voies aériennes Oui
Biefs navigables Non
Train Non

La question des infrastructures de transport est une priorité dans le contexte de la décentralisation afin d’équilibrer les forces centrifuges et d’agir en faveur du désenclavement de certaines régions. La décentralisation n’a de toute évidence pas lieu d’être sans la mise en place d’un réseau de communication valable en RDC. 

Cette assertion est développée par Roland Pourtier dans un article au sujet de la décentralisation et des transports : « Quelles que soient les modalités de la mise en œuvre de la décentralisation, sa réussite implique l’aménagement simultané du territoire national. L’une ne va pas sans l’autre : une bonne fonctionnalité de l’état, appuyée sur ses organes déconcentrés, conditionne la réussite des politiques de décentralisation. » En effet, la restauration de l’état et la reconstruction du pays doivent être menées de front et les voies de communication figurent en première ligne des chantiers prioritaires. Il s’agit d’un projet qui intègre une vision à l’échelle nationale indispensable à la décentralisation (Pourtier 2008 : 24). L’économie d’un pays ou d’une ville ne peut se passer de transport, car il constitue la condition sine qua non de la présence d’activités industrielles et commerciales dans une région. Les activités extractives, comme c’est le cas du Kasaï-Oriental, sont directement liées à l’aménagement territorial puisque leur existence même dépend des infrastructures de transport pour l’exportation du produit de l’extraction. 

Organisé par un arrêté ministériel datant du 28 janvier 19792, le réseau routier de Kabeya Kamuanga s’articule comme suit (RDC, ministère du Plan 2005 : 72) : 

La route d’intérêt national, RN3 : elle relie le territoire au reste du pays. Le territoire de Kabeya Kamuanga est traversé par la route Lac Munkamba – Mbujimayi – Kanyiki (Nationale n°1) qui relie le territoire de Kabeya-Kamuanga à la ville de Mbujimayi et qui traverse cette dernière jusqu’à Mweneditu dans la province de Lomami, pour aller vers le Katanga long de 200 Km ;

La route d’intérêt provincial qui relie le territoire de Kabeya Kamuanga aux autres territoires de la province : Dibungi – Tshilundu – Tshintshianku long de 50 Km ;

Les routes de desserte agricole : routes d’intérêt local : ce type de routes est couramment appelé « routes de desserte agricole », RDA. Le réseau routier du territoire de Kabeya Kamuanga (desserte agricole) se présente comme suit :

 

Secteur

Axe routier

Km

Lac Munkamba

Lac Munkamba – Mupompa

42

Lac Munkamba – rivière Lubi

40

Kalela

Kabeya Kamuanga – Kalela

44

Mpemba

Kalela – Matadi – Tshitshianku – Bakwa Mulumba – Pont Lubi

32

Ndomba

Beena Tshimpanga – Ndomba

30

 Globalement, les observations faites révèlent un délabrement généralisé du réseau routier. La route nationale n° 1, sur le tronçon de Mbujimayi à Kananga, est dans un état de délabrement très avancé. Des têtes de ravins d’une profondeur allant jusqu’à deux se dessines  le long de la route. 

Les causes de la détérioration du réseau routier sont diverses, mais c’est surtout le « non-entretien du réseau » qui fait défaut. La CTB, PRESAR/BAD, Caritas ont donc réhabilité des routes et des bacs au Kasaï-Oriental, mais lorsque le travail est achevé et que la gestion est transférée à l’Etat, l’entretien ne se fait plus et les routes deviennent de nouveau impraticables, surtout en saison pluvieuse.

 

Les causes les plus souvent relevées au niveau local, mais qui sont souvent communes à l’ensemble du pays, sont, comme susmentionné, l’absence d’entretien, mais aussi l’érosion causée par le passage de gros camions de plus de huit tonnes (en provenance de Kinshasa via Kananga).

 

Plusieurs facteurs expliquent cette situation géologique précaire : l’inexistence d’un système de canalisation de collecte d’eau pour lutter contre les pluies torrentielles, la construction de routes sans considération des normes d’urbanisme et l’utilisation répandue des galeries souterraines pour aller chercher le diamant.

 

Le territoire de Kabeya Kamwanga reste accessible par voie terrestre, le territoire est accessible à pieds, vélo, motos, véhicules 4×4 et camions à partir de Mbujimayi sur l’axe Mbujimayi – Kabeya Kamwanga sur une distance de 90 Km en toutes saisons sur la route nationale numéro 1. En saison sèche comme en saison des pluies, cette route pose beaucoup de problèmes aux différents véhicules suite aux ravins creusés par le ruisellement des eaux des pluies dans une zone à terre sablonneuse. On peut accéder à Kabeya Kamwanga à partir de Kananga dans la province du Kasaï Central sur l’axe Kananga – Munkamba long de 90 km. Les hélicoptères peuvent atterir dans les terrains de football ou dans les cours scolaires des différents villages.

Réseaux de communication
Africel Oui
Airtel Oui
Orange Oui
Tigo Oui
Vodacom Oui

Quatre réseaux de télécommunication se sont implantés avec succès dans le territoire de Kabeya Kamuanga, il s’agit de Vodacom, Airtel, Orange et Tigo. Il n’existe aucune société spécialisée dans la connexion Internet, les téléphones portables ou modems commercialisés par Airtel, Orange et Vodacom assurent la connexion Internet. Notons aussi que le territoire de Kabeya Kamwanga n’est pas couvert par le 3G.

Attraits touristiques
Parcs Non
Jardins botaniques Non
Jardin zoologiques Non
Chutes d’eaux Oui
Sites touristiques Oui
Sites sacrés Non

Le territoire de Kabeya Kamuanga présente les potentialités touristiques suivantes :

Le Lac Munkamba dont les infrastructures nécessitent un aménagement, il constitue un centre de villégiature agréable ; pêche, canotage et baignade se pratiquent sur ce plan d’eau majestueux de 180 hectares.

Le Lac M’Fwa est un site splendide où la végétation tropicale se mire dans les eaux teintées de tons pastels par les roches du fond.

La rivière Lubi, déversoir du Lac Fwa, forme des rapides et une chute remarquable. 

Ces lacs ressemblent à des lacs de plaisance, lieux propices au tourisme. On peut y développer l’ « écotourisme ». Ce secteur reste marqué par quelques faiblesses notamment : le non aménagement des sites et/ou manquent des cadres d’accueil. La dégradation des voies d’accès rendant inaccessibles les sites, la faible culture touristique sous tendu par un pouvoir d’achat limité des populations constituent des menaces réels de ce secteur.

Espèces phares de la faune

RAS

Espèces phares de la flore

RAS


Situation sécuritaire

La situation sécuritaire du territoire demeure calme malgré la psychose encore perceptible dans la population. Les FARDC et la Police Nationale Congolaise aux côtés de la Mission des Nations Unies pour la Stabilité du Congo (MONUSCO).

Les populations se plaignent des tracasseries dont elles sont victimes aux différentes barrières de la part d’hommes en uniforme lorsqu’ellesvont faire le marché dans la Cité de Keena Nkuna et à Mbujimayi.


Opportunités de développement

Le territoire de Kabeya Kamuanga offre des potentialités de développement économique extrêmement et variées susceptibles d’intéresser les investisseurs. Il s’agit principalement des potentialités suivantes :

 

La démographie : le territoire de Kabeya Kamuanga présente les atouts pour la production (main-d’œuvre) et pour la consommation, pourvu que des emplois soient crées pour utiliser cette main d’œuvre et générer les revenus susceptibles de stimuler la production et la consommation ;

Une terre fertile : le territoire a les potentialités pour réaliser l’autosuffisance voire la sécurité alimentaire de ses populations par les cultures vivrières ;

La route nationale n°3 qui traverse le territoire : si elle est bien asphalté, cette route favoriserai le désenclavement du territoire en particulier et de la province du Kasaï Oriental en général, l’approvisionnement du territoire en produits manufacturés et la circulation des personnes ;

Les rivières qui permettront les échanges commerciaux. A ce point, signalons que le territoire de Kabeya Kamuanga dispose d’un bief navigable entre Lusambo et Ndomba. Après analyse de la situation, la construction du quai d’accostage du port de Ndomba et le balisage de la rivière Lubi faciliteront l’acheminement des produits commerciaux par voie maritime en provenance de Kinshasa et un impact sera observé dans les chefs de ménages de Kabeya Kamuanga en particulier et de toute la province du Kasaï Oriental en général. Une fois ce port mise en valeur, il aura aussi un impact sur le cadre macroéconomique de la province notamment dans la création des emplois.

 Outre la mise en valeur du port Ndomba évoqué, il sied également de noter que le territoire regorge en son le Lac Munkamba très poissonneuse. Si la pêche est bien réglementée, les poissons séchés et bien conservés pour le commerce dans les autres parties de la province et du pays, celle-ci résorberai le chômage. Le territoire dispose des rivières d’où l’on peut tirer l’eau potable et des chutes d’eau favorables à la production d’énergie. 

Les sites touristiques : si les voies d’accès à ces sites sont bien entretenues, on développera l’écotourisme dans cette partie de la province et ceci aura un impact sur les recettes de l’Etat.

La présence des minerais comme le Diamant, le cuivre, le calcaire et le fer.

 

 

 

 

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