Territoire de Lisala

Fiche du territoire

Mise à jour le 31 mars 2017

Province Mongala
Superficie 18 417 km²
Taille estimée de la population 861 205 hab.

(source: Rapport annuel de l’administration de Lisala exercice 2017)


Carte administrative


Données géographiques et culturelles

Données géographiques

Lisala a été créé comme poste d’Etat vers 1904 et sera reconnu plus tard par les actes suivants :

  • 5063/cart/66 du 17 avril 1945
  • 121/cart/66 du 11 mars 1947 et
  • 25/cart/66 du 25 avril 1948

Situation géographique

Localisation

Le territoire de Lisala est une entité décentralisée de la province de MONGALA, situé entre 21° 31’ de longitude Est et 2° 16’ de latitude Nord localisé dans la partie septentrionale de la RDC. Il est limité à l’Est par le territoire de BUMBA, à l’Ouest par les territoires de BUDJALA et MAKANZA, au nord par les territoires de BUSINGA et BUDJALA et au Sud Dans sa partie sud, il s’étend sur le fleuve Congo qui constitue même sa frontière naturelle avec le territoire voisin de BONGANDANGA.

Climat

Avec un climat équatorial chaud et humide, le territoire de Lisala est du type Am selon la classification de Koppen. Les moyennes annuelles de précipitation sont situées entre 1.800mm et 2.200mm. L’humidité relative de l’air fluctue très peu au courant de l’année.

Saisons

Le régime climatique est caractérisé par deux saisons: la saison sèche qui va du 21 décembre au 15 mars, suivi par la petite saison de pluie qui va du 15 mars au 21 juin, la petite saison sèche va du 21 juin à la fin de juillet et en fin, la grande saison de pluie allant de la fin du mois de juillet au 21 décembre.

Ces saisons connaissent des fluctuations dues probablement à l’agriculture itinérante sur brulis et l’extension récente de l’exploitation forestière non suivie du reboisement.

Cours d’eau

Le fleuve Congo constitue le principal cours d’eau de ce territoire,  loin au Nord dans le secteur de MONGALA-MOTIMA se trouve une rivière importante du nom de MONGALA qui relie LISALA au territoire voisin de BUSINGA. Cette rivière est navigable pendant la période de crue, de juillet à décembre, et permet les échanges entre différents villages qu’elle relie. 

Types de sol

Extrêmement varié, les plus dominants sont sablonneux, sablo-argileux et latéritiques. Le taux d’argile varie entre 14 et 40% et celui des matières organiques dépasse rarement 2% et le pH oscille généralement entre 4 et 6.

Température

La moyenne de température varie entre 24°C et 25°C avec un maximum de 30°C et un minimum de 19°C. Avec le changement climatique ces moyennes ne sont plus respectées et des fois la température va au-delà de 30°C.

Végétation

Jadis, la flore de Lisala était constituée par la forêt ombrophile sempervirente, actuellement suite aux activités anthropiques incessantes axées sur les cultures itinérantes sur brûlis entrecoupées par les jachères éphémères sur les sols fugaces d’une part et d’autre part l’exploitation illégale de la forêt pour les besoins en bois de sciage, en charbon enflammé, en certains minerais et par extension l’urbanisme, cette forêt ombrophile sempervirente cède progressivement sa place à la forêt secondaire tendant à certains endroits vers la savanisation.

Organisation administrative

A la tête du territoire de Lisala se trouve un Administrateur du territoire qui est aidé dans ses tâches par deux assistants et plusieurs autres agents.

Pour une gestion souple, le territoire dispose de 14 services techniques : Agriculture, Affaires sociales, Culture et arts, Développement rural, Economie, Environnement, Fonction Publique, Habitat, Hydrocarbures, Mines, Industrie, PMEA (Petite et Moyenne Entreprise et Artisanat), Tourisme et Sports. A la tête de chaque service se trouve un chef de service censé coordonner les activités dans son secteur et faire rapport à l’administrateur.

Le territoire de Lisala est subdivisé en trois secteurs à savoir: NGOMBE DOKO, NGOMBE-MOMBANGI et MONGALA-MOTIMA. Ces trois secteurs ont respectivement comme chef-lieu LISALA, BINGA et BOSO-MANZI qui constituent les principales agglomérations du territoire. Il compte 43 groupements et 374 villages.

Particularités et richesses du territoire

Lisala est un territoire à fort potentiel de développement. L’agriculture constitue l’activité principale de la population, beaucoup d’espaces cultivables sont encore inexploités. L’activité agricole est totalement manuelle et l’activité pastorale complètement extensive et très peu développée. Dans quelques parties du territoire (NGOMBE DOKO), l’agriculture connaît une stagnation suite au découragement de certains paysans qui éprouvent beaucoup de difficultés pour acheminer leur production dans les grands centres de consommation, le problème principal étant l’impraticabilité des routes (surtout les routes de desserte agricole dont les deux-tiers sont en mauvais état et la route nationale n°6 qui laisse à désirer).

                                                  

La pêche à la ligne est encore d’actualité malgré les quantités importantes de poissons dont regorge le fleuve. Ainsi la production n’est pas significative par rapport à la demande du territoire et ses voisins.

L’artisanat bat encore son plein dans les domaines de menuiserie, de construction, de boulangerie, presque tout se fait à la main. Cette situation est due d’une part, au manque d’expertise des opérateurs qui œuvrent dans ce secteur et, d’autre part, au manque de l’énergie pouvant permettre l’utilisation des machines adaptées dans ces secteurs.   

Le secteur de l’audio-visuel reste aussi pauvre car le territoire ne dispose que de 4 radios communautaires qui fonctionnent selon la disponibilité de l’énergie et qui n’ont pas de programme assez structuré. Par ailleurs, il ne dispose d’aucune chaîne de télévision.

Le secteur énergétique est encore sous exploité alors que le territoire regorge de plusieurs cours d’eau. A en croire les spécialistes dans le domaine, la rivière Langa-Langa, situé à 8 Km de Lisala, aurait suffisamment des potentialités pour abriter un mini-barrage et produire de l’énergie suffisante (10 Megawatts) pour alimenter la ville de Lisala où la demande de cette denrée rare est très forte.

Le secteur de transport urbain est essentiellement assuré par les motocyclettes, les quelques véhicules utilitaires présents dans le territoire appartiennent aux différents responsables politiques et quelques hommes d’affaires. Les gros véhicules (camions) assurent le transport des hommes et des biens pour les longs voyages, notamment vers Bumba qui est l’une des villes à forte activité dans la région.

Les besoins sont donc présents et visibles dans tous les secteurs d’activités et les investisseurs qui désirent s’y lancer peuvent être sûrs d’y trouver leur compte.

 

Données culturelles

La population du territoire de Lisala est jeune en grande partie et les femmes sont plus nombreuses que les hommes. Il y a cinq grands groupes ethniques: les Ngombe et les Doko sont majoritaires et leur activité principale est l’agriculture, les Motembo vivent le long du fleuve et sont en grande partie pêcheurs et, en fin, les Moweya et les Mondunga qui sont minoritaires avec comme activité principale l’agriculture.  

Langues parlées dans ce territoire
  1. Lingala (90%)
  2. Ngombe (75%)
  3. Swahili et Tshiluba (2%)
  4. Ngwandi (1%)
  5. Mongo (1%)

Dans ce territoire le lingala est la langue parlée partout. Le territoire étant fortement dominé par le peuple « Ngombe », leur langue est aussi rependue et utilisée simultanément avec le Lingala. Il existe d’autres langues vernaculaires telle que le Ngwandi, le Mongo qui sont parlées dans certains villages simultanément avec le lingala. Le swahili est surtout parlé par les opérateurs économiques ainsi que les travailleurs venus de l’est du pays (Kivu et ex-Province Orientale) et le Tshiluba par ceux venus du grand Kasaï.

Principales activités
  1. Agriculture (60%)
  2. Exploitation artisanale et industrielle de la forêt (15%)
  3. Fonction publique (10%)
  4. Pêche et Elevage (10%)
  5. Autres (menuiserie, fabrication artisanale et vente de la chikwange, pain, savon…) (5%)

LISALA étant un territoire à vocation agricole, la grande partie de la population œuvre dans ce secteur. Dans l’ensemble du territoire on dénombre 11 cultures vivrières, les cultures industrielles ont été abandonnées depuis longtemps par les paysans suite au manque d’acheteurs de leur production, en plus, ce genre des cultures exigent beaucoup de patience de la part des paysans qui de surcroit doivent se conformer au prix de vente fixé par les sociétés de transformation.

Dans le secteur de MONGALA-MOTIMA, se trouvent des grandes sociétés industrielles comme la Société de Culture au Congo (SCC) à Binga  qui entretient des plantations de palmier à huile, cacao et hévéa, le Centre d’Adaptation de l’Agriculture Industrielle (CDAI) à BOSO-MODJEB0, la CELCO Bolaba. Cependant, plusieurs plantations ont été abandonnées depuis la période des grandes guerres (1997-2003) et les activités tardent à reprendre.

Etant un ancien poste colonial, le territoire de Lisala compte un nombre important d’employés dans la fonction publique. Le bureau territorial compte à lui seul 210 agents repartis dans ses différents services techniques.

A côté de l’agriculture se développe une activité pastorale qui est entretenue par les ménages. Les espèces qui intéressent ces éleveurs sont généralement les gros et petits bétails, les petits rongeurs ainsi que la volaille.

Au cours de l’année 2014, le territoire comptait 59.475 pêcheurs et leur production a été évaluée à 168.817 tonnes de poissons frais, salés et fumés, alors qu’en 2015 leur nombre est passé à 85.644 et la production a été estimée à 96.972 tonnes de poissons frais, 89.105 tonnes de poissons fumés et 57.018 tonnes de poissons salés (source: rapports annuels 2014 et 2015 de l’inspection provinciale de l’agriculture, pêche et élevage de la MONGALA).

Le secteur artisanale regorge à son tour un bon nombre de travailleurs dans la fabrication des biens ménagers tels que lits, armoires, chaises, … mais aussi un bon nombre des femmes qui fabriquent artisanalement les savons, les pains, la chikwange pour les vendre au marché local.


Situation économique

Revenu journalier moyen Donnée non disponible
Taux de change flottant appliqué au 31 mars 2017
Vendeur : 1$ = 1 350 FC Acheteur : 1$ = 1 300 FC
Nombre d’opérateurs économiques 317

Principaux opérateurs économiques
  1. Société de Culture au Congo (SCC-Binga) : Entreprise industrielle spécialisée dans la production de l’huile raffinée à partir du palmier à huile.

2 .Le Centre d’Adaptation de l’Agriculture Industrielle, CDAI: Situé à Boso-Modjebo, à 40 km de l’agglomération de Boso-Manzi, avec comme activité, la production et le traitement du caoutchouc.

  1. CONGO FUTUR: Entreprise spécialisée dans la vente des produits manufacturés en provenance des entreprises de Kinshasa. La vente se fait en gros et en détail. Les propriétaires sont des libanais.
  2. SOGETRAF: opère dans la vente des produits manufacturés en provenance de Kinshasa, généralement les produits de l’entreprise MARSAVCO.
  3. SICOBOIS et SOFORMA: Entreprises spécialisées dans l’exploitation forestière. Elles vendent les planches et madriers aux différentes menuiseries de la place et à d’autres entreprises en dehors de Lisala. Leur chargement de bois sciés et grumes quittent le territoire par le port de LISALA pour KISANGANI et KINSHASA.
  4. Etablissements JOSE BWELA: opérant dans la vente des produits pharmaceutiques, du carburant, matériels de construction et des produits cosmétiques, bref, le commerce général.

Le territoire de Lisala compte plusieurs opérateurs économiques. Seulement que les 317 répertoriés en 2014 sont ceux-là qui sont en ordre avec la documentation administrative nécessaire pour le fonctionnement. Elle compte plus ou moins 150 petites et moyennes entreprises.  Le nombre peut aller au-delà de 1.000, mais la plupart sont dans l’informel.

Principales activités des opérateurs économiques
  1. Vente des produits manufacturés
  2. Vente des produits alimentaires
  3. Vente des appareils électroménagers
  4. Vente du bois scié
  5. Fabrication artisanale des meubles
Principales activités des PME/PMI
  1. Matériels électroniques
  2. Vente des produits alimentaires
  3. Vente des matériels ménagers et électroménagers
  4. Vente des lubrifiants et accessoires des motos
  5. Vente des habits et matériels plastiques 

Les PME de Lisala sont généralement des boutiques qui s’approvisionnent auprès des grands magasins tels que COGETRAF et CONGO FUTUR pour faire la vente en détail. Elles font également leurs approvisionnements pour certains produits comme les panneaux solaires, les batteries rechargeables, les transformateurs, les radios, les téléviseurs, les téléphones,… dans la ville de Bumba ou dans celle de Butembo au Nord-kivu.

 

Grandes entreprises locales
  1. Société de Culture au Congo (SCC-Binga) 
  2. Le Centre d’Adaptation de l’Agriculture Industrielle
  3. CONGO FUTUR 
  4. SOGETRAF
  5. SICOBOIS et SOFORMA.
Principaux produits agricoles
  1. Manioc (65%)
  2. Maïs (22%)
  3. Niebé (7%)
  4. Riz (3%)
  5. Bananes plantain, arachides, soja, courges, patates douces, ignames,… (3%)

Le manioc constitue la base de l’alimentation dans le territoire de Lisala. Il est consommé sous forme de foufou après avoir été moulu, il est aussi consommé sous forme de chikwangue.

Le territoire de Lisala comprend trois bassins de production: Mongala-Mutima, Ngombe-Doko et Ngombe-Mombangi. Chacun d’eux produit l’arachide, le riz, le maïs et le manioc mais dans des proportions bien différentes.

L’arachide est produite à 60% par le bassin de Mongala-mutima, alors que 55% de la production du riz viennent de Ngombe-Doko et 65% de maïs vient de Ngombe-mombangi. Le territoire a une forte vocation agricole qui est pratiquée dans tous les secteurs.  Les principales cultures vivrières, à part le manioc, sont le riz, le maïs et l’arachide.

Quant aux cultures industrielles, il s’agit principalement de l’hévéa, du palmier à huile et du cacao qui sont entretenues dans le secteur de MONGALA-MOTIMA principalement à BINGA par le CDAI (Centre d’Adaptation de l’Agriculture Industrielle) sociétés SCC (Société de Culture au Congo) et CELCO appartenant au groupe BLATTNER.

A côté de l’activité agricole se développe l’élevage des gros et petits bétails ainsi que la volaille entretenu par les différents ménages. 

Les tiers de la production de maïs sont consommées localement sous forme de foufou, parfois les grappes de maïs sont bouillies et ainsi consommées. Le maïs est aussi utilisé comme matière première dans la fabrication de l’alcool appelé localement «Lotoko». Les deux tiers de la production sont vendus aux territoires de l’ex-province Orientale et Kinshasa le transport étant facilité par le fleuve.

 Sur les 11 cultures vivrières, quelques-unes, comme le manioc, le riz, le maïs, l’arachide et le niebé connaissent une progression impressionnante alors que d’autres comme le courge et la banane sont en train d’être abandonnées progressivement, le courge suite aux attaques des criquets et des maladies et la banane suite au mauvais état de la route nationale n°6 qui ne permet pas l’acheminement de ce produit, difficile à conserver vers le centre de consommation.

Les autres cultures telles que la patate douce, l’igname et le soja suivent leur cours normale, les productions ne sont pas importantes et sont généralement destinées à la consommation des ménages qui les produisent. 

Principaux produits non agricoles
  1. Poisson
  2. Noix de coco
  3. Escargots
  4. Chenilles
  5. Pommes et autres fruits sauvages 

Le territoire de Lisala est connu pour sa richesse halieutique. Sa proximité avec le fleuve Congo constitue un véritable atout. Ainsi l’activité de pêche est très pratiquée et la production des poissons y est intense. Les autres produits non agricoles les plus consommées dans le territoire de LISALA sont les fruits qui poussent à l’état sauvage comme les fruits du cocotier, les pommes sauvages, mangues, safous et maracuja. Les chenilles sont également prélevées dans les forêts situées non loin des habitations et sont consommées durant toute l’année, alors que les escargots sont visibles en très grande quantité pendant la période pluvieuse.

Principales sources d’énergie
  1. Bois (80%)
  2. Pétrole (10%)
  3. Solaire (10%)

La principale source d’énergie dans le territoire de Lisala reste le bois de chauffage. Tous les ménages du territoire recourent au bois de chauffage pour faire la cuisine et quelques autres travaux qui nécessitent l’énergie calorifique telle que la production de l’huile de palme.

Le groupe électrogène (à essence) est utilisé par les différentes sociétés industrielles et entreprises de transformation telles que menuiseries et moulins, mais aussi par certains ménages nantis pour la charge des téléphones, ordinateurs et téléviseurs.

L’énergie à base des kits solaires est aussi très utilisée par les ménages et les micro-entreprises qui font la charge des téléphones ou la vente des matériels électroniques. L’utilisation combinée de ces deux sources d’énergie est aussi observée dans les structures sanitaires et les bureaux des différentes organisations non gouvernementales.

Pour le reste la population utilise le bois de chauffage pour la cuisine et le pétrole pour allumer leurs lampes tempêtes la nuit.

La société nationale d’électricité ne fonctionne plus depuis les années 1990 ses bureaux existent encore, mais à part la partie habitée par certaines familles le reste est vide, aucun responsable de cette société n’y passe le temps.

En ce qui concerne l’approvisionnement en eau, la population qui peut supporter le coût s’approvisionne auprès des 58 bornes fontaines installées dans la cité de Lisala, grâce à un projet de la banque mondiale exécuté par les Chinois en 2013. Un bidon d’eau de 25 litres coûte 150 fc, des nombreux foyers trouvant ce prix excessif continuent à s’approvisionner aux différentes sources où ils peuvent accéder à l’eau gratuitement.


Situation sanitaire

Nombre d’hôpitaux 3
Nombre de centre de santé 83

Le territoire de Lisala possède trois hôpitaux de référence qui correspondent aux trois zones de santé et quatre-vingt-trois centres de santé. Le paludisme, les infections respiratoires aigües, la fièvre typhoïde et la diarrhée simple constituent les maladies les plus récurrentes dans les trois zones de santé.

Une grande partie des médicaments pour soigner ces maladies sont disponibles dans les centres de santé et pharmacies. Le ravitaillement des hôpitaux en termes de médicaments était assuré grâce au projet PARSS (Programme d’Appui à la Réhabilitation du Secteur de Santé), pour le moment il est assuré par le Centre d’Approvisionnement des Médicaments Essentiels. 

Des campagnes réalisées dans la lutte contre l’onchocercose et la lèpre ont porté des fruits palpables car ces deux maladies endémiques ont vu leur progression reculé d’une manière spectaculaire, quelques cas rares sont signalés dans les coins trop reculés du territoire et l’accès aux soins est assuré grâce à la mobilité des équipes soignantes.

Les quelques médicaments spécialisés qui ne sont pas disponibles sont commandés des mois à l’avance dans les grandes villes voisines, notamment Gemena et Gbadolite quand ça ne vient pas de Kisangani ou Kinshasa.

Il faut, néanmoins signaler que le nombre de médecins est encore réduit par rapport à l’importance de la population, comme nous pouvons le constater dans le tableau ci-après:

 

Zone de Santé

Hôpitaux

Centres de Santé

Infirmiers

Médecins

LISALA

1

34

334

5

BINGA

1

32

162

4

BOSO-MANZI

1

17

82

3

TOTAL

3

83

578

12

Source: Inspection Provinciale de la Santé de la Mongala SNIS 2015 (Système National de l’Information Sanitaire).

La zone de santé de Lisala, avec une population estimée à 302.989 en 2016 dispose d’un seul Hôpital Général de Référence qui est public ainsi que de 34 centres de santé dont un privé. Elle dispose également de cinq médecins dont une femme. Tous sont généralistes à l’exception d’un qui a une formation en ophtalmologie. La zone compte également 334 infirmiers dont 129 femmes. Elle compte 35 sages-femmes et 5 accoucheuses qualifiées. Le paludisme, la grippe saisonnière, l’anémie, la diarrhée ainsi que les IST sont les maladies les plus récurrentes de la zone, les trois premières étant les causes principales de la mortalité.

Les infrastructures de l’HGR sont vétustes, bien que les bâtiments soient encore en bon état. Les lits de malade ainsi que les matelas ont déjà donné le meilleur d’eux-mêmes et pourtant le remplacement ne suit pas. D’’une capacité d’accueil de 222 malades, l’HGR de Lisala ne compte que 156 lits et il y a des pavillons qui sont complètement vides.

Le prix des soins pour les malades ambulants est un forfait de 8.500 FC qui donne droit au malade à une consultation par le médecin, aux différents examens de laboratoire ainsi qu’aux médicaments, si ces derniers se trouvent dans la pharmacie de l’hôpital. Dans le cas contraire, le malade devra les acheter en dehors de l’hôpital et à ses propres frais. Le prix journalier de location d’un lit d’hôpital est de 2.000fc le jour.

Pour ce qui est de la zone de santé de Boso-Manzi, elle a une population estimée à 129.832 âmes en 2016. Elle dispose d’un Hôpital Général de Référence. Il a une capacité d’accueil de 100 malades, mais dispose de 60 lits et ses infrastructures sont déjà vétustes. Tous les trois médecins de l’HGR sont des généralistes.

La zone de santé compte 82 infirmiers dont 21 femmes ainsi que 34 sages-femmes. Les maladies les plus récurrentes de cette zone sont le paludisme, les infections respiratoires aigües, la méningite, les maladies diarrhéiques ainsi que la malnutrition protéino-calorique. Les trois premières sont les principales causes de la mortalité dans la zone de santé.

Les frais de soins pour les malades ambulants sont fixés à 5.000fc, forfait qui donne droit aux médicaments pour les maladies telles que le paludisme, la fièvre typhoïde, les infections uro-génitales, les douleurs abdominales et les infections urinaires.

Pour les maladies chroniques comme l’hypertension, la cardiopathie simple, le diabète, la drépanocytose, l’épilepsie et l’asthme; le malade doit payer un forfait de 7.000fc

Les frais pour les interventions chirurgicales varient entre 10.000fc pour les chirurgies mineures et 150.000fc pour les majeures comme l’hystérectomie, adénectomie, le prix de la césarienne étant fixé à 80.000fc.

Le prix de l’hospitalisation est fixé à 15.000 pour 15 jours, soit 1000fc par jour et par lit. La transfusion sanguine coute 6.500fc alors que la consultation prénatale est gratuite.

D’une capacité d’accueil de 110 malades, l’Hôpital Général de Référence de Binga ne dispose pas de spécialiste, tous les 04 médecins étant généralistes. Elle compte 162 infirmiers dont 58 femmes, 02 accoucheuses qualifiées ainsi que de 96 sages-femmes.

Les maladies les plus récurrentes sont le paludisme, la malnutrition, l’anémie, les maladies d’origine hydrique ainsi que les infections respiratoires aigües; les trois premières constituant les maladies-causes de la mortalité.

La zone de santé de Binga dispose d’un Hôpital Général de Référence qui est privé, il appartient à la Société de Cultures qui assure sa gestion. Elle a une population estimée à 275.944 âmes en 2016.

 Ses infrastructures ont déjà de l’âge, mais elles sont bien entretenues. L’HGR ne dispose pas d’un équipement adéquat pour traiter toutes les maladies. Le tarif forfaitaire pour les soins est fixé à 4.000fc pour les malades ambulants et la consultation à 3.000fc. Les travailleurs de la Société de Cultures ne payent pas directement les frais des soins, ils se font soignés et les frais des soins sont déduits de leur salaire conformément à leurs accords avec leur employeur. Ils sont les seuls, avec leur famille, à bénéficier d’un mécanisme de protection sociale dans toute la zone. Le prix d’une chambre varie entre 1.000fc et 5.000fc le jour selon qu’il s’agisse d’une chambre commune ou privée.

Dans ces trois zones de santé, les médicaments pour soigner la malaria, sont fournis par l’organisation SANRU (Santé Rurale) qui effectue la distribution en collaboration avec les ONGs nationales Centre de Développement Intégral (CDI Bwamanda) et Centrale d’Approvisionnement en Médicaments Essentiels (CAMENE). Mais dans toutes ces zones de santé, les responsables estiment insuffisante la quantité de ces ACT par rapport aux besoins.

Maladies les plus récurrentes
  • Paludisme (55%)
  • Grippe saisonnière et Infections Respiratoires Aigües (20%)
  • Diarrhées (10%)
  • IST (8%)
  • Anémie, lèpre et autres (7%)

 


Education

Enseignement primaire et secondaire
Ecoles primaires 403
Ecoles secondaires 209

Le territoire de LISALA a deux sous-divisions. La sous-division de Lisala 1 compte 325 écoles dont 219 primaires et 106 secondaires. La sous-division Lisala 2 compte 287 écoles dont 184 primaires et 103 secondaires.

Les salles de classes sont en majorité construites en paille, les peu d’écoles construites en dur revenant aux confessions religieuses, notamment à l’église catholique.

Le nombre des garçons scolarisés reste supérieur à celui des filles, comme on peut le constater dans le tableau ci-après:

Sous-division

Ecoles primaires

Ecoles secondaires

Elèves au primaire

Elèves au secondaire

LISALA 1

219

106

15.636 dont 7.599 filles

4.971 dont 1.791 filles

LISALA 2

184

103

9.039 dont 4.284 filles

2.921 dont   942 filles

TOTAL

403

209

36.558 dont 11.883 filles

10.625 dont 2.733 filles

Source: Statistiques année scolaire 2014-2015 Inspection provinciale de l’EPSP province de la Mongala.

Enseignement supérieur et universitaire
Universités 1
Instituts supérieurs 3

Il existe à Lisala une université « UNILIS » ainsi que trois instituts supérieurs : l’Institut Supérieur Pédagogique, l’institut supérieur des techniques médicales ainsi que l’Institut Supérieur des Etudes Agronomiques ISEA. Toutes ces institutions se trouvent dans le secteur de Ngombe-Doko à Lisala à l’exception de l’ISEA qui se trouve à Mondongo à 24 km du chef-lieu.

Les renseignements relatifs à ces différentes institutions sont repris dans le tableau ci-dessous :

INSTITUTION

UNILIS

ISTM

ISEA

ISP

Facultés

1. Economie et Gestion

2. Agronomie

3. Droit

4. Psychologie et Sciences de l’Education

5. Sciences Sociales, politiques et administrative

 

1. Techniques de laboratoire

2. Orientation hospitalière

3. Orientation accoucheuse

1. Agronomie générale

2. Agronomie vétérinaire

3. Eaux et forêts

4. Gestion des ressources naturelles renouvelables

1. Français et langues Africaines

2. Histoire et Sciences sociales

3. Histoire et gestion du patrimoine

4. Anglais et Cultures Africaines

5. Biologie-Chimie

6. Math-Physique

7. Sciences commerciales et Administratives

Etudiants 2014-2015

546 dont 93 femmes

150 dont 60 femmes

136 dont 11 femmes

216 dont 19 femmes

Nombre professeurs permanents

09

00

00

00

Nombre professeurs visiteurs

10

00

05

12

Nombre Chefs des Travaux

04

02

07

09

Nombre Assistants

50

22

09

27

 


ONG et projets

Nombre d’ONG 642
Principales activités
  1. Agriculture, pêche et élevage (60%)
  2. Santé (20%)
  3. Education (15%)
  4. Droits humains et genre (3%)
  5. Environnement (2%)

Dans le territoire de Lisala, se trouvent quelques organismes internationaux tels que l’Organisation Néerlandaise pour le Développement (SNV) et l’UNOPS qui sont partenaires du gouvernement congolais dans le Projet d’Appui à la Réhabilitation et Relance du Secteur Agricole, PARRSA. La SNV est active dans le secteur agricole avec l’encadrement des agriculteurs et l’appui technique et logistique alors que l’UNOPS s’occupe des infrastructures en reliant les routes de desserte agricole aux routes provinciales.

Dans le secteur sanitaire, il y a l’Association pour la Santé Familiale ASF qui est encore active dans le territoire.

Les organisations nationales telles que le BDOM, CARITAS sont aussi actives dans le secteur sanitaire et collaborent avec les structures sanitaires locales et les associations sans but lucratif.

Les organisations locales sont très nombreuses, plus de 600 répertoriées, et sont généralement engagées dans l’activité agricole et pastorale, peu d’entre elles œuvrent dans la santé et l’éducation et encore moins dans les droits humains et l’environnement.

Principaux projets de développement financés par le Gouvernement
  1. PEV (Programme Elargie de Vaccination), projet en cours
  2. PRISS (Programme de Réhabilitation des Infrastructures Scolaires), projet en cours

Les principaux projets de développement sur financement du gouvernement dans le territoire de Lisala sont le PEV ainsi que le PRISS.

Le projet PEV est encore d’actualité, il consiste à remettre des vaccins pour enfants aux différentes zones de santé, veiller à la formation du personnel devant administrer ces différents vaccins et le personnel chargé de la sensibilisation dans la communauté.

 Quant au PRISS il a permis la construction de quatre écoles primaires dont une dans la division de Lisala I et trois écoles dans la sous-division de Lisala II.

Principaux projets de développement sous financement autre que le Gouvernement
  1. Projet de Prévention de la Malnutrition Chronique dans 6 zones de santé du Bandundu et de l’Equateur (projet déjà clôturé)
  2. Projet de lutte contre le paludisme (en cours), exécuté par l’organisation SANTE RURALE (SANRU), sous financement de la Banque Mondiale. Il consiste à distribuer des moustiquaires imprégnées d’insecticide ainsi que les médicaments, notamment les ACT pour soigner le paludisme.
  3. Projet de soutien à l’Education de base (PROSEB) : projet consistant à la construction et réhabilitation des écoles primaires dans la province. Il est financé par le Partenariat Mondial pour l’Education.
  4. PARRSA (Projet d’Appui à la Réhabilitation et la Relance du Secteur de l’Agriculture), projet en cours financé par la Banque Mondiale.
  5. PARSS (Projet d’Appui à la Réhabilitation du Secteur de Santé), projet clôturé

Le projet de Prévention de la Malnutrition Chronique dans 6 zones de santé du Bandundu et de l’Equateur a été financé par l’UNICEF et exécuté par CARITAS Congo Asbl. La zone de santé de Lisala a été dotée des micronutriments pour venir à bout des cas de malnutrition. Le projet a été clôturé en 2014.

Le projet de lutte contre le paludisme exécuté par SANRU, consiste distribuer des moustiquaires imprégnés dans les différentes structures sanitaires et expliquer aux différents bénéficiaires le mode d’emploi de cet outil précieux dans la prévention contre la malaria.

Le PARSS, en son temps, procédait au ravitaillement mensuel en médicaments dans tous les hôpitaux et centres de santé du territoire, assurait une formation au personnel soignant et dotait les équipes médicales des différentes structures d’une prime. Le projet a été clôturé depuis 2014.


Accessibilité et tourisme

Accessibilité du territoire
Routes Oui
Voies aériennes Oui
Biefs navigables Oui
Train Non

Il y une forte nécessité de pouvoir moderniser les infrastructures de communication dans le territoire de Lisala enfin de permettre un accès touristique plus sur.

Réseaux de communication
Africel Non
Airtel Oui
Orange Oui
Tigo Non
Vodacom Oui

Dans le secteur de télécommunication trois opérateurs économiques sont présents à Lisala. Mais la majeure partie de la population utilise le réseau de Vodacom qui couvre tous les secteurs du territoire et dont les unités sont disponibles partout. Une autre partie réduite de la population utilise simultanément avec Vodacom le réseau Airtel dont les unités ne sont pas disponibles partout et dont la connexion n’est pas bonne quand on est en dehors de la cité de Lisala. Le réseau Orange s’est implanté il n’y a pas longtemps et commence à avoir quelques abonnés grâce à l’accessibilité de ses tarifs et la permanence de son personnel ici à Lisala.

Attraits touristiques
Parcs Non
Jardins botaniques Non
Jardin zoologiques Non
Chutes d’eaux Non
Sites touristiques Oui
Sites sacrés Non

Etant donné que Lisala est la ville de naissance de l’ancien president, MOBUTU les visiteurs sont curieux d’aller visiter la maison maternelle où il a passé les premiers jours de sa vie, mais aussi sa résidence privée de Lisala qui malheureusement est dans un état de délabrement avancé et la population locale occupe ces installations dont elle a transformé une partie en école primaire, une autre en église de réveil et une dernière en habitation familiale où logent multiples familles.

Dans le territoire il y a trois sites touristiques naturels à EBELE, à MWANA et à LANGA-LANGA. Le deux premiers sont des huttes naturelles autour desquelles on trouve des pierres assez particulières alors que le troisième est un ruisseau assez impressionnant par sa forme et ses jets d’eau.

Espèces phares de la faune

Donnée non disponible

Espèces phares de la flore
  1.  Afromosia
  2. Iroko
  3. Sapelli
  4. Tola
  5. Sipo

Le territoire de Lisala dispose d’une flore très riche et diversifiée. Les essences les plus rependues sont l’afromosia, l’iroko et le sapelli qui sont très appréciées dans l’industrie du bois.


Situation sécuritaire

Le territoire de Lisala est calme dans son ensemble. Néanmoins, il faut noter qu’il y a quelques cas de conflit de terres dus à la succession dans certaines familles. On signale aussi des fois des cas des petits vols.


Opportunités de développement

Lisala est un territoire à fort potentiel de développement. L’agriculture constitue l’activité principale de la population, beaucoup d’espaces cultivables sont encore inexploités. L’activité agricole est totalement manuelle et l’activité pastorale complètement extensive et très peu développée. Dans quelques parties du territoire (NGOMBE DOKO), l’agriculture connaît une stagnation suite au découragement de certains paysans qui éprouvent beaucoup de difficultés pour acheminer leur production dans les grands centres de consommation, le problème principal étant l’impraticabilité des routes (surtout les routes de desserte agricole dont les deux-tiers sont en mauvais état et la route nationale n°6 qui laisse à désirer).

La pêche à la ligne est encore d’actualité malgré les quantités importantes de poissons dont regorge le fleuve. Ainsi la production n’est pas significative par rapport à la demande du territoire et ses voisins.

L’artisanat bat encore son plein dans les domaines de menuiserie, de construction, de boulangerie, presque tout se fait à la main. Cette situation est due d’une part, au manque d’expertise des opérateurs qui œuvrent dans ce secteur et, d’autre part, au manque de l’énergie pouvant permettre l’utilisation des machines adaptées dans ces secteurs.   

Le secteur de l’audio-visuel reste aussi pauvre car le territoire ne dispose que de 4 radios communautaires qui fonctionnent selon la disponibilité de l’énergie et qui n’ont pas de programme assez structuré. Par ailleurs, il ne dispose d’aucune chaîne de télévision.

Le secteur énergétique est encore sous exploité alors que le territoire regorge de plusieurs cours d’eau. A en croire les spécialistes dans le domaine, la rivière Langa-Langa, situé à 8 Km de Lisala, aurait suffisamment des potentialités pour abriter un mini-barrage et produire de l’énergie suffisante (10 Megawatts) pour alimenter la ville de Lisala où la demande de cette denrée rare est très forte.

Le secteur de transport urbain est essentiellement assuré par les motocyclettes, les quelques véhicules utilitaires présents dans le territoire appartiennent aux différents responsables politiques et quelques hommes d’affaires. Les gros véhicules (camions) assurent le transport des hommes et des biens pour les longs voyages, notamment vers Bumba qui est l’une des villes à forte activité dans la région.

Les besoins sont donc présents et visibles dans tous les secteurs d’activités et les investisseurs qui désirent s’y lancer peuvent être sûrs d’y trouver leur compte.

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